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L’abattage a débuté tôt dans la matinée avec plus de 70 bateaux débarquant des centaines de chasseurs de phoques sur les glaces de Terre-Neuve. C’est un carnage à une échelle que la banquise gelée de Terre-neuve n’avait pas connue depuis plus d’un demi-siècle.
À la fin de cette journée, plus de 15,000 blanchons, la plupart de moins de 6 semaines, ont été battus à mort puis écorchés pour fournir des manteaux, des chapeaux, des sacs à main et autres accessoires pour le commerce de la mode en Europe.
Le gouvernement canadien affirme que ce massacre protégera les stocks de poissons et apportera revenu et travail à beaucoup de pêcheurs au chômage depuis la chute des stocks de cabillaud.
Phyllis Campbell-McCrae de l’association IFAW (Fund for Animal Welfare) fut également présente sur la banquise pour observer le comportement des chasseurs.
"C’était tout simplement affreux. Ils matraquent le phoque, puis le retournent et le découpent pour retirer sa peau. Ils sont supposés faire à chaque fois le "test de l’œil", ce qui correspond à toucher l’œil du phoque après l’avoir battu pour s’assurer qu’il ne cligne pas, de cette façon, ils s’assurent qu’il est mort avant de le dépecer. Mais ils travaillent à un rythme si frénétique qu’ils n’en ont souvent rien à faire. "
Phyllis rajouta que des tests effectués pendant les saisons précédentes sur des phoques victimes du massacre montrèrent que 42 % d’entre eux étaient toujours conscients quand ils furent dépecés.

L’abattage des phoques est controversé depuis des années avec des organisations comme IFAW qui le dénoncent comme étant un acte cruel. Les militants répondent aussi que l’affirmation du gouvernement canadien sur le fait que les phoques mangeraient trop de poisson et que leur nombre doit être contrôlé, font des phoques un bouc émissaire facile pour étouffer leur propre échec à contrôler la surpêche.
Depuis 1995, le gouvernement canadien a progressivement augmenté le quota de phoques tués chaque année, et en 2004 il décida d’abattre 1 million de phoques en 3 ans - ce qui correspond au quota le plus important depuis 1957.
Le plus grand importateur de peaux de phoque est la Norvège, qui l’année dernière a payé 1 million de livre sterling pour des peaux brutes. Le Danemark, la Pologne et la Chine importent aussi de grandes quantités.
Malgré les restrictions de l’Union Européenne sur les importations de fourrure de bébés phoques, la peau de phoque continue d’apparaître dans les défilés de mode. Il a été rapporté que des manteaux, tuniques et robes en peaux de phoque a récemment été ajouté aux collections de Louis Vuitton. Tandis que Donatella Versace présentait des ensembles en peaux de phoque dès sa première collection en 1998, après avoir pris la relève de son frère Gianni.
En Russie, la peau de phoque est considérée comme une fourrure alternative moins chère à celle de vison : environ 1/5 du prix du manteau de vison.
Le groupe Rieber, un des principaux processeurs mondiaux de peaux de phoque, transporte des peaux canadiennes à une tannerie dans la ville de Bergen, en Norvège, d’où ils sont vendus aux fabricants. Tandis que quelques peaux sont utilisées pour la fabrication de manteaux de fourrure, les chutes sont employées comme décoration sur les chaussures, ou la fabrication de portefeuilles.
À lire les articles originaux en anglais publiés dans The Guardian : "320,000 will die in Canada’s biggest seal cull for more than 50 years" et "Fashion’s appetite for fur returns to catwalk"
Source : The Guardian
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