« Des millions de gens ont été touchés par l’affection incroyable qui liait le lion Christian à ses amis humains, John et Ace.
Christian peut être considéré comme le nouvel emblème de ces merveilleux animaux, tout comme l’a été la lionne Elsa, qui avait pu retourner à l’état sauvage il y a bien longtemps grâce à George et Joy Adamson. Elle avait éveillé alors un respect et une fascination pour les lions. Aujourd’hui leur nombre a cruellement diminué dans toute l’Afrique. »
Virginia McKenna
Fondatrice et administratrice de la Fondation Born Free
L’histoire de Christian
En 1969, un jeune Australien, John Rendall, et son ami Ace Bourke, achetèrent un petit lionceau dans le rayon « animaux de compagnie » du magasin Harrods’, ce qui était légal à l’époque. Le lion baptisé ’Christian’ emménagea alors dans le sous-sol d’un magasin de meubles de la rue Kings Road, à Chelsea, le coeur de la période branchée qu’étaient les années soixante. Adulé de tous, le lionceau mangeait au restaurant du coin, jouait dans le cimetière voisin et grandissait très vite...
C’est une rencontre fortuite avec Bill Travers et Virginia McKenna qui a marqué le début d’une nouvelle vie pour Christian. Il déménagea dans leur maison du Surrey où il vécut dans un enclos et dormit dans une caravane. En 1971 il fut ramené au Kenya, son pays d’origine, et réintroduit à la vie sauvage par George Adamson, l’homme aux lions. Environ un an plus tard, John et Ace retournèrent à Kora, au Kenya. Un petit film montre leurs retrouvailles avec Christian à ce moment-là.
« Ce furent des retrouvailles très intenses : « Il a couru vers nous, s’est jeté sur nous, nous a renversés et enlacés, avec ses pattes sur nos épaules. »
John Rendall
Christian a quitté la réserve de Kora en 1973. George Adamson était convaincu qu’il avait établi son territoire le long du fleuve Tana, mais lorsque les éleveurs Wakamba amenèrent leur bétail sur son terrain de chasse, il s’éloigna. George explique dans son autobiographie : « Je comptais les jours pendant lesquels nous n’avions pas vu Christian, mais lorsque j’arrivai à 97 jours, j’arrêtai de les compter dans mon journal. » Un lion vit entre 12 et 15 ans, Adamson supposait donc que Christian avait terminé sa vie dans la Réserve Nationale de Meru quelques kilomètres au nord du fleuve.
6 minutes extraites du film Christian the Lion, avec Virginia McKenna (voix de commentaire) et une brève apparition de George Adamson surnommé « l’homme aux lions ».
George Adamson
Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur un site magnifique : http://www.fatheroflions.org/. Il était consacré à George Adamson et aux souvenirs merveilleux et déchirants de sa vie. Le site regorge de photos et d’informations sur cet homme remarquable.
Le Père des Lions (The father of Lions), George Adamson, était l’un des plus fervents défenseurs de la nature de tous les temps. Il était un homme hors du temps - un héros dont la dévotion aux lions d’Afrique est restée inégalée. Il a consacré toute sa vie à la préservation et au bien-être de cette espèce menacée. Il s’est battu contre les braconniers, les bandits, la bureaucratie et aussi contre sa vieillesse fragile, afin de préserver leur habitat - la faune et la flore des espaces naturels sauvages du Kenya.
George Alexander Graham Adamson est né le 3 février 1906 à Etawah, dans l’Inde Britannique. Sa mère Katherine était anglaise et son père Harry était irlandais. Après avoir terminé leurs études en Grande-Bretagne, George et son frère Terrance se rendirent au Kenya afin de travailler dans une plantation de café. Toutefois, ce style de vie ne cadrait pas avec la nature aventureuse de George. Après avoir tenté différents métiers, de commerçant en chèvres à chercheur d’or, il finit par accepter un poste de garde-chasse des Grands Fauves en 1938. En 1942 il épousa l’artiste autrichienne Joy Bally. Le couple d’amoureux de la nature vécut heureux dans ce magnifique environnement.
Il faut attendre 1956 pour qu’un coup du destin change pour toujours la vie des époux Adamson. Au début de l’année, George apprit qu’un lion mangeur d’hommes semait la terreur dans quelques villages. George et son équipe se mirent à la poursuite de ce lion et le tuèrent. C’est alors qu’une lionne bondit de nulle part et les attaqua par surprise, ne leur laissant pas d’autre choix que de la tuer. Ce ne fut que bien plus tard que George comprit la raison de cette agression : ses trois petits nouveaux-nés.
George savait que les bébés lionnes ne pourraient pas survivre seuls dans la savane et il ramena les trois petites lionnes chez lui. Après avoir essayé plusieurs recettes, lui et Joy réussirent à mettre au point un lait nourrissant que les bébés acceptèrent de boire. Le temps passant, les petites grandirent et se transformèrent en jeunes lionnes toujours prêtes à jouer. Elles apportèrent énormément de bonheur à George et Joy, qui n’eurent jamais d’enfant. Joy fit trois fausses-couches au cours de leur mariage.
Lorsque les petites lionnes grandirent, il devint évident qu’elles ne pourraient plus rester chez eux en tant qu’animaux de compagnie et les deux aînées furent envoyées au zoo de Rotterdam, aux Pays-Bas. Ils gardèrent la plus petite, appelée Elsa, poussés par l’obstination de Joy qui, faisant fi de toute sagesse et recommandations conventionnelles, s’appliqua à la tâche de faire de cette lionne sauvage un animal presque domestique. Personne ne l’avait jamais fait auparavant. George accepta la décision de Joy et, ensemble, ils apprirent à Elsa à chasser et à se débrouiller seule dans la brousse Africaine.
Après de longs mois de travail et de dévouement intense, Elsa chassa pour la première fois. Après quelque temps, elle apprit également à interagir avec d’autres lions et finit par être complètement indépendante dans la savane, réussissant le défi de ’vivre libre’ après être ’née libre’. Cette histoire remarquable fut portée sur grand écran et eut beaucoup de succès. George et Joy devinrent de véritables vedettes. Mais dans sa grande humilité, George s’écarta de toute cette attention et commença son long et quelque peu solitaire périple vers la conservation de la population des lions sauvages de la région. Bill Travers et Virginia McKenna, qui jouaient les rôles de George et Joy dans le film ’Born Free’
qui gagna un Oscar, devinrent des passionnés des animaux et entamèrent une profonde amitié avec George.
George continua son travail auprès des lions dans le Parc National de Meru, dans la Province Frontalière Nord du Kenya. Malheureusement, Elsa mourut à cinq ans des suites d’une maladie probablement contractée après une piqûre de tique. Elle ferma les yeux pour la dernière fois dans les bras de George, pour qui ce ne fut que le premier d’une longue série de moments déchirants qu’il aurait à connaître tout au long de sa vie. À peine cinq ans après la sortie du film, George dut quitter sa position de garde-chasse en chef après que le fils d’un autre gardien fut lacéré par ’Boy’, l’un de ses lions.
George dut s’éloigner du parc et ne pouvait emmener ses lions que dans les plaines torrides d’un endroit jusqu’alors inconnu, appelé Kora. Peu après, en 1970, George et Joy se séparèrent, tout en continuant à passer les Noëls ensemble, George éprouvant toujours beaucoup d’amour et d’affection pour sa femme.
En 1980, Joy Adamson fut assassinée. Son brutal meurtrier était l’un de ses domestiques, qu’elle avait renvoyé alors qu’elle l’avait surpris en train de voler. Au cours de la même année, Terrance fut écorché par un lion et le gouvernement kenyan coupa court au programme de réintroduction à la vie sauvage de lions orphelins apprivoisés que George avait créé.
En 1981, le gouvernement reconsidéra l’affaire et permit à George et à son assistant Tony Fitzjohn de commencer un programme de dressage de léopards. Ils ne purent cependant pas le développer beaucoup, en raison des nombreux braconniers et bandits qui décimaient la faune du Kenya : ils tuaient les éléphants pour leurs défenses, les rhinocéros pour leurs cornes et les léopards pour leurs peaux, terrorisant de la sorte aussi bien les défenseurs de la nature que les pauvres animaux. George continua à se battre et à parler en défense des animaux, affrontant ainsi les menaces constantes des braconniers et des bandits somaliens mais aussi des éleveurs de bétail qui, en détruisant l’habitat naturel des lions, constituaient la raison première de la migration des groupes et de la mort des lions par famine.
Le 20 août 1989, quelques touristes européens programmèrent une visite à Kora. Alors qu’ils se dirigeaient vers le camp de George, ils furent attaqués, sauvagement blessés et dépouillés par des bandits somaliens. George vint à leur secours dans sa land rover. On tira sur lui deux fois - dans la cuisse et dans le dos - et il mourut sur le coup. Deux autres employés furent tués. Les malfaiteurs emportèrent la montre de George avant de s’enfuir. Au cours des jours qui suivirent le meurtre de George, des centaines de policiers furent envoyés sur la scène du meurtre et quelques arrestations s’ensuivirent.
Aujourd’hui, Kora est protégé par des gardes-chasse comme un parc national. George a été enterré avec ses lions préférés dans l’enceinte déserte de ses huttes de chaume. Les autochtones et les anciens domestiques des villages voisins se souviennent de lui avec affection. On peut souvent apercevoir des empreintes de pattes de lion près de l’endroit où George repose.
George Adamson était un homme comme le monde en a rarement vus. Il comprenait les lions mieux que quiconque et a passé sa vie à côtoyer ces grands chats majestueux. Il les aimait plus que la vie elle-même et dut finalement payer de sa vie leur liberté et leur retour à l’état sauvage. Son travail a éveillé l’intérêt et la prise de conscience du public et cela a permis de réintroduire de multiples façons la plupart des grands fauves africains qui étaient en voie de disparition.
Quelque temps avant sa mort, George écrivit :
« Qui prendra soin des animaux maintenant qu’ils ne peuvent prendre soin d’eux-mêmes ? Y a-t-il des jeunes hommes ou femmes désireux d’assumer cette charge ? Qui élèvera leurs voix pour plaider leur cause, quand la mienne sera emportée par le vent ? »
Cet EXCELLENT article a été écrit dans un blog en février 2008 par quelqu’un dont le nom d’utilisateur est SNOWFOREST. Nous aurions aimé connaître son prénom afin de le citer. Il s’agit peut-être d’un écrivain ou de quelqu’un de très doué dans l’écriture. La qualité de cet article est telle qu’il méritait d’être partagé. Merci, SNOWFOREST.