Lobby laitier
Produits laitiers et Propagande : Un bourrage de crâne très juteux
"Le battage autour du lait et des laitages est le fruit des campagnes marketing très efficaces de l’industrie laitière. En réalité, nous n’avons absolument pas besoin de lait" Professeur Walter Willett

Vaches laitières : le martyre des mères non-humaines
Ces 40 dernières années, on a transformé à coup de sélections génétiques, médicaments, hormones et subventions européennes (payées avec nos impôts), de paisibles mammifères ruminants en véritables MACHINES à lait. Une vache peut aujourd’hui produire entre 6.000 et 12.000 litres de lait par an ou 20-40 litres par jour ; c’est 10 fois plus que son ancêtre dans les années 50. La moyenne "naturelle" de production de lait d’une vache qui allaite son petit est de maximum 1.000 litres par an.
C’est à l’âge d’environ 15 mois que commence le cercle infernal : insémination, mise bas, retrait du petit, insémination...car pour produire du lait, une vache comme une femme ou tout autre mammifère, doit d’abord avoir un petit. Chaque grossesse dure 9 mois et chaque mise bas se fait systématiquement par césarienne car les sélections génétiques ont créé des veaux devenus trop larges pour passer par le canal naturel de mise bas.
Le petit veau est séparé de sa mère dans les 24 heures après la mise bas, ce qui procure angoisse et désarroi pour la vache autant que pour le petit. Des études ont démontré que le deuil de la séparation dure des semaines entières, tandis que la vache totalement désorientée, pleure et cherche son petit. Trois mois après la naissance de son premier veau, la vache est à nouveau inséminée. Ce qui signifie qu’elle a constamment les mamelles pleines correspondant à une charge de plus de 50 kg.
À force de pousser l’animal au-delà de sa limite biologique, la vache est devenue anormalement difforme (bassin et pis hypertrophiés), ce qui engendre douleurs, boitements, infections mammaires entre autres maladies traitées à coup d’antibiotiques. Le petit veau finira en pâté pour chien et chat s’il est conduit à l’abattoir dès qu’il est retiré de sa mère. La présure, substance provenant de son estomac, sera alors extraite pour servir à la fabrication des FROMAGES. Ou bien, il passera 5 longs mois, enfermé dans l’étroitesse d’une caisse en bois, totalement isolé de ses congénères, où il n’aura pas même la place de se retourner.
L’industrie laitière fait intégralement partie de l’industrie bouchère : la viande de veau et la fabrication des fromages grâce à la présure extraite de son intestin en sont la démonstration : 70 % de la viande de bœuf provient des vaches laitières. En résumé, prétendre qu’une vache élevée pour sa viande souffre plus ou soit moralement moins acceptable qu’une vache élevée pour son lait est tout simplement ABSURDE. Il en est de même pour leur impact sur la planète et sur la santé humaine.


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Le lait de vache, parfait pour...le veau !
L’être humain est le SEUL mammifère à boire le lait des autres animaux. Il est également le seul à CONTINUER à boire du lait après son SEVRAGE (remplacement de l’allaitement par une nourriture solide) qui débute environ 12 mois après sa naissance.
Le lait de vache est destiné à son petit : le veau, animal ruminant doté de 4 estomacs, qui double son poids en 47 jours et prends 140 kg la première année de sa vie. Le lait de la vache contient 3 fois plus de protéines et 2 fois plus de graisses que celui de la femme car le veau est programmé pour grandir 4 fois plus vite qu’un nourrisson.
C’est aussi insolite de consommer le lait maternel des vaches que celui des chèvres, ânesses, truies, chiennes, girafes, baleines ou tout autre mammifère. En résumé, le lait de vache n’est en aucun cas une nourriture naturelle et appropriée pour le développement d’un bébé humain qui n’a à l’évidence, pas les mêmes BESOINS que le petit veau.
Selon le Dr B. Spock : "Dans la nature, les animaux ne boivent plus de lait après leur petite enfance, et c’est la même chose pour les humains. L’organisme des enfants a un meilleur équilibre en calcium quand les protéines proviennent de sources végétales." Les animaux, humains compris, absorbent du calcium en mangeant des plantes. Voilà pourquoi le lait de vache contient du calcium !
Le lait de vache est constitué de lactose (sucre) ainsi que de graisses et protéines (caséine) animales : aucun de ces composants n’est indispensable à notre organisme. Il n’est donc pas étonnant que plus des 2/3 de la population humaine mondiale ne puisse pas digérer le lait de vache.
L’intolérance au lactose est la plus fréquente des allergies alimentaires : chez les populations africaines l’intolérance est de 65 à 100 % ; celle d’Amérique Latine 45 à 94 % ; celle d’Asie 80 à 100 %. Seuls les nourrissons produisent l’enzyme appelée lactase qui sert à digérer le lactose, ce qui démontre une fois de plus qu’il n’est pas naturel de continuer à boire du lait après être sevré.
La caséine est la protéine du lait, c’est une substance très épaisse et visqueuse, qui bouche et irrite le système respiratoire provoquant bronchite, sinusite, asthme.... Il y a 300 % plus de caséine dans le lait de vache que celui de l’humain. Après l’âge de 4 ans, l’humain ne produit plus d’enzyme pour digérer la caséine.
Depuis plusieurs années, des études sont en train de mettre en lumière les possibles connexions avec le diabète, les cancers du sein, ovaires, testicules et prostate. Le lait de vache contient une hormone appelée IGF-1 (Insulin-Like Grown Factor-1). La même hormone est présente naturellement dans l’organisme humain pour stimuler la croissance des nourrissons et décline quand l’enfant grandit. Même si une petite quantité de cette hormone dans le sang est normale, un taux élevé augmente les risques de cancer.
Des expériences ont montré que le IGF-1 du lait de vache encourage la multiplication des cellules cancéreuses. Lorsque des femmes pré-ménopausées ont une augmentation du IGF-1 dans leur sang, leur risque de cancer du sein est multiplié par 7. Les pays asiatiques ont traditionnellement un taux beaucoup plus faible de cas de cancer du sein. Mais dès que les filles japonaises grandissent avec un régime alimentaire calqué sur celui des pays occidentaux, le pourcentage de cancer du sein augmente dramatiquement.
Le cancer des testicules, des ovaires et de la prostate sont aussi liés avec la consommation de produits animaux et de l’hormone IGF-1. Des études ont souligné que les adolescents ayant une alimentation riche en protéines animales atteignent l’âge de la puberté très jeune, ce qui augmente le risque de cancer de l’appareil reproductif ; à l’opposé, les adolescents végétariens sont pubères plus tardivement.
En 1993, une étude souligna que 50 % des patients diabétiques avaient bu du lait de vache avant l’âge de 3 mois. L’IGF-1 n’est détruit ni par pasteurisation ni par digestion.
En raison de nos méthodes modernes d’élevage, le lait de vache est aussi devenu un vrai concentré d’antibiotiques et d’hormones administrés aux animaux ainsi que de substances chimiques utilisées pour traiter leurs aliments.
Il faut également ajouter qu’à la naissance, le système immunitaire du nourrisson est loin d’avoir acquis toutes les potentialités qui seront les siennes plus tard. Le lait maternel est donc indispensable pour suppléer les défenses encore fragiles et incomplètes de son enfant.
En conclusion, la nature a créé le lait maternel humain pour le bébé humain et le lait de vache pour le veau. Le lait de vache est donc l’aliment PARFAIT... pour les VEAUX ! Il n’y a pas meilleur lait que le lait de la mère pour nourrir son enfant. Si le lait de la maman ne suffit pas, il existe aussi en grandes surfaces des préparations pour biberon 100 % sans lactose.
Si vous voulez continuer à boire du lait alors que vous n’êtes plus un bambin, vous pouvez trouver en grandes surfaces une gamme très variée de laits végétaux (ces types de lait sont sans lactose et sans cholestérol) : bio, enrichi en calcium, aromatisé chocolat ou vanille. Ils sont bons pour votre santé et bons tout court !
Références
www.notmilk.com
Le livre : "Milk - the deadly poison" par Cohen R.
Le livre : "Don’t drink your milk" par Oski F.
Le chapitre : "Immaturité du système immunitaire du nourrisson - importance de l’allaitement" du livre "Vaccinations, les vérités indésirables" par Georget M., éditions Dangles.
L’article publié dans Sunday Times : "Le lait, nectar ou poison ?".
Le livre "Santé, Mensonges et Propagande" de Souccar T. & Robard I.(Seuil), chapitre "Laitages et os : une hystérie collective".
Le livre "Soyons moins lait" du Dr Nicolas Le Berre et Hervé Queinnec (terre Vivante).

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Le calcium - La vitamine D
(700 mg par jour en moyenne pour un adulte - 900 mg pour un adolescent)
Savez-vous, par exemple, qu’une portion de brocoli contient autant de calcium que 200ml de lait de vache ? Il y a beaucoup d’autres sources de calcium disponible :
La plupart des fruits, dont la pomme, la poire, la prune, la cerise, la fraise, les agrumes (orange, clémentine, pamplemousse, citron...).
Tous les légumes à feuilles vertes (le cresson, l’épinard, le fenouil etc).
Les crucifères (navet, chou-fleur, brocoli...).
L’avocat, le poireau.
Les ombellifères (carotte, cerfeuil, persil...).
Tous les fruits secs (noisettes, amandes, noix de pécan...).
Les graines (sésame, tournesol, courge...).
Le tofu, le lait de soja enrichi, l’houmous (spécialité grecque) les figues, les dattes.
Tous ces fruits et légumes préservent le capital osseux de l’organisme, grâce à leur apport en calcium et d’autres minéraux (magnésium, potassium...).
100g de tofu contiennent 510mg de calcium ; 1 tranche de pain 45 mg ; 100g de brocolis 40 mg ; 25g d’amandes 60mg ; 100ml de lait de soja enrichi 120-140mg, 100g de cresson 70mg ; 100g figues 250 mg ; 100g de noisettes 140mg ; 100g de noix 170mg ; 100g de raisin de Corinthe 93mg ; 100g de pois chiche 43mg...
La vitamine D joue un rôle important dans l’absorption du calcium par l’organisme. Le calcium provenant des produits laitiers réduit les concentrations de vitamine D.
La principale source en vitamine D est l’action de la lumière du soleil sur la peau. Il suffit d’exposer, ses mains et avants bras, 15 minutes par jour au soleil (même avec un ciel nuageux) pendant la période estivale et le corps aura suffisamment stocké de vitamine D, pour toute la période hivernale.
Les meilleures sources de vitamine D sont : la lumière du soleil et il existe également des céréales et du lait de soja enrichis en vitamine D.
Produits laitiers et Ostéoporose
L’ostéoporose est une maladie dégénérative caractérisée par une diminution de la masse osseuse et de la détérioration du tissu osseux. Cela se traduit par des douleurs récurrentes au niveau du dos, une diminution de la taille et une déformation vertébrale provoquant à terme des fractures osseuses.
Le mythe de l’ostéoporose liée à une déficience en calcium, a été orchestré pour vendre plus de produits laitiers et de compléments alimentaires enrichis en calcium. Les femmes américaines sont les plus grandes consommatrices de calcium au monde, et elles ont aussi le taux le plus élevé d’ostéoporose.
En effet, en moyenne un Américain obtient 807 mg par jour de calcium par l’absorption de produits laitiers, un Taiwanais seulement 13 mg. Pourtant il n’existe pas à Taiwan de cas de fractures du col du fémur liées à un manque de calcium tandis que les USA sont champions du monde d’ostéoporose.
La première cause est un régime trop riche en protéines aujourd’hui adopté par tous les pays occidentaux (lire notre chapitre sur les protéines). Le problème n’est donc pas une prise insuffisante de calcium mais l’excrétion excessive du calcium des os. La consommation de produits laitiers ne fait qu’amplifier le problème.
Une étude, réalisée par des chercheurs travaillant pour l’industrie laitière américaine, (National Dairy Council) fut de donner à un groupe de femmes ménopausées 8 verres de 25cl de lait écrémé par jour pendant 2 années. Tandis qu’un autre groupe de femmes ménopausées ne devaient prendre aucun verre de lait pendant la même période. Le groupe "avec lait" consomma 1.400mg de calcium par jour et, au terme de l’étude, perdit 2 fois plus de masse osseuse que le groupe "sans lait".
Les chercheurs conclurent : " la prise régulière de lait a fait augmenter de 30 % la consommation de protéines journalières, ceci peut expliquer la détérioration osseuse".
Les chercheurs de l’université de Yale après avoir enquêté dans 16 pays trouvèrent que les pays avec le plus important taux d’ostéoporose - USA, Suède, Finlande - sont ceux dont les habitants consomment le plus de viande, lait et tout autre produit basé sur les animaux. Cette étude montra ainsi que les noirs américains qui consomment en moyenne plus de 1.000mg de calcium par jour, ont 9 fois plus de chance d’avoir une fracture de la hanche que des noirs vivants en Afrique du Sud, dont la prise quotidienne de calcium est de seulement 196mg.
Une étude conduite par l’université de Californie et publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition (2001) trouva que les femmes, qui obtenaient la majorité de leurs protéines par des sources animales, avaient 3 fois plus de perte osseuse et près de 4 fois plus de factures de la hanche que celles qui obtenaient la majorité de leurs protéines par des sources végétales.
Des chercheurs de l’université de Sydney découvrirent que la consommation de produits laitiers, surtout dès le plus jeune âge, augmente le risque de fracture de la hanche pendant la vieillesse (American Jounal of Epidemiology, 1994).
Selon le Dr T. Colin Campbell : "L’association entre consommation de protéines animales et augmentation des fractures semble aussi fort que l’association entre tabagisme et cancer du poumon".

- Facteurs négatifs responsables de l’ostéoporose
Quelques conseils pour avoir des os solides :
Votre organisme doit suffisamment stocker de vitamine D (lumière du soleil).
Éliminer les protéines d’origines animales et privilégier les protéines de sources végétales.
Limiter la prise d’alcool car il empêche l’absorption du calcium.
Limiter la prise de sel car le sodium contribue à extraire le calcium des os.
Ne pas fumer. Des études ont montré que les femmes qui fument 1 paquet de cigarettes par jour ont 5 à 10 % moins de densité osseuse à la ménopause que les non-fumeuses.
Faire régulièrement des exercices. Des études ont prouvé que les exercices physiques sont essentiels pour construire des os solides.

- facteurs positifs favorisant la masse osseuse
Complément d’information :
Le livre "Santé, Mensonges et Propagande" de Souccar T. & Robard I.(Seuil), chapitre : "Laitages et os : une hystérie collective".
Le livre "Soyons moins lait" - du Dr Nicolas Le Berre et Hervé Queinnec, édition Terre Vivante.
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L’impérialisme de l’industrie laitière
Les leaders du lait pour bébés Nestlé, Danone, Mead Johnson, Wyeth, Nutricia, Abbot-Ross, Hipp et Gerber font depuis plusieurs décennies du forcing à grand renfort de campagnes de publicité bien orchestrées dans le monde entier pour encourager les mamans à utiliser le lait en poudre. Le marché mondial du lait pour bébés représentait 2 milliards de dollars en 1979, avec la part de marché du Tiers Monde qui passe d’un tiers à la moitié pendant les années 1970. En 1998, il est estimé à 8 milliards de dollars. Nestlé, le numéro un mondial, contrôle environ 40 % de ce marché.
Pour imposer leurs laits, ces multinationales ciblent hôpitaux et maternités où elles envoient des milliers de représentants de commerce, pour convaincre les mères, principalement dans les pays du Tiers Monde, de la supériorité de l’alimentation artificielle. L’usage du biberon est présenté comme un progrès vers la culture occidentale. Le personnel des hôpitaux et des maternités est encouragé avec des primes et des cadeaux. Les mères repartent chez elles avec du lait en poudre, des biberons, des tétines et le mode d’emploi, convaincues de la supériorité du lait industriel.
Les investissements des multinationales sont colossaux : en 1977, en Tanzanie, par exemple, 147 représentants pharmaceutiques dépensent 1.07 millions de livres sterling pour convaincre 600 médecins de prescrire leurs produits. Ces firmes continuent toujours aujourd’hui à démarcher les maternités et les professionnels de santé. Aux Philippines, Nestlé engage des infirmières fraîchement diplômées pour faire du démarchage à domicile auprès des jeunes mamans.
Depuis une trentaine d’années, l’allaitement au sein régresse, seules 44 % des femmes allaitent aujourd’hui leurs enfants dans le Tiers Monde. À l’échelle mondiale, le pourcentage est plus faible encore, à peine un tiers. Une jeune mère peut facilement passer du sein au biberon, mais l’inverse est impossible. Les quelques jours pendant lesquels elle utilise tous les échantillons suffisent pour faire baisser sa production de lait. Lorsque le stock est épuisé et qu’elle veut reprendre l’allaitement, elle n’a plus assez de lait.
L’Unicef estime qu’a l’heure actuelle un million et demi d’enfants meurent chaque année des effets directs ou indirects de l’alimentation au biberon, soit un enfant toutes les 30 SECONDES. Une grande majorité de ces enfants sont emportés par des déshydratations diarrhéiques, mais aussi par des maladies respiratoires dont la gravité aurait été atténuée par l’allaitement maternel. Le lait concentré Nestlé, reconnu impropre pour nourrir les bébés en Europe, est recommandé pour les bébés fragiles à Singapour et en Malaisie. Et ce, en dépit de ses carences en vitamines A et D provoquant rachitisme et cécité.
Un enfant nourri au biberon a 25 fois plus de chances de mourir de diarrhées qu’un enfant allaité. À Haïti, seuls 3 % des enfants sont allaités au sein, alors que le lait pour bébés revient à 10 dollars par semaine, plus du double du salaire moyen. Une fois que les échantillons ont été utilisés, la mère découvre souvent que sa production de lait ne suffit plus à allaiter le bébé. Le cycle de la diarrhée et de la malnutrition est baptisée commerciogenic malnutrition, une malnutrition provoquée par la recherche du profit.
Source
"Les dessous de l’agroalimentaire, votre caddie en otage" par Predali D.
Liens sur la question :
http://www.mcspotlight.org/beyond/n...
http://www.breastfeeding.com/advoca...
http://www.babymilkaction.org/
"Un vrai progrès : Du lait pour les africains !" par Thierry Souccar.

"Le lait, nectar ou poison ? " - Sunday Times
Article du « The Sunday Times Magazine » le 21 juillet 2002
Traduction par Jill
Article de fond à la une : y-a t-il une bombe à retardement dans votre régime ?
Désamorcer le mythe du lait.
DU LAIT : NECTAR OU POISON ?
Enquête par Peter Martin
Il y a 7.000 ans, les premières communautés sédentaires commencèrent à cultiver le blé et domestiquer des animaux. Ils créèrent un paradis sur Terre, fait de lait et de miel.
Mais la culture laitière a été en grande partie restreinte à la minorité Caucasienne et encore aujourd’hui la majorité des humains pense toujours que c’est une pratique très curieuse de continuer à consommer du lait après la fin du sevrage et même encore plus particulier de boire le lait d’une autre espèce.
La preuve est l’intolérance au lactose. 7 personnes sur 10 dans le monde en sont victimes, se traduisant par des ballonnements et diarrhées.
Mais nous continuons à le boire et, à cause de la pression sélective, les gènes responsables de nos réactions les plus sévères au lait ont disparu. Cependant, ce n’est pas vrai que tout le monde approuve "la substance blanche". Hippocrate, le père de la médecine, préconisait déjà l’exclusion des produits laitiers des régimes alimentaires afin de prévenir toutes sortes de maladies : bébés affaiblis, diarrhée, eczémas, asthme, articulations douloureuses.
Cependant, quand on a compris qu’une vache doit avoir un veau chaque année pour ne pas tarir le robinet de lait. Sa maternité fertile est devenue synonyme d’intérêt commun. Aujourd’hui, l’industrie laitière de la Nouvelle-Zélande produit le même sentiment de bénédiction bovine avec les images des vaches blondes de Jersey battant leurs cils avec attendrissement. Pour nous, bien sûr, la chère vache traditionnelle sera pour toujours une vache friesian, noire et blanche qui broute une herbe luxuriante.
En réalité, la vache moderne de haute productivité est une incarnation pitoyable, délabrée, d’exploitation contrôlée par les tendances du marché. Le nouveau modèle de la Grande-Bretagne est la vache américaine : l’holstein.
Une cuve de fermentation sur pattes, les mamelles traînant par terre, une vraie vision d’horreur pour les enfants. Un monstre de 650 kilos, difforme - plus proche de la créature de Frankenstein que de la traditionnelle Marguerite. Maintenue affamée par les demandes de son métabolisme génétiquement accéléré, elle mange sans cesse 24 heures sur 24, et produit 150 litres de lait par jour, deux fois plus qu’une vache traditionnelle.
L’ennui est qu’après de nombreuses années de sélection génétique irréversible pour l’augmentation du rendement de lait - les holsteins d’aujourd’hui ne tiennent pas le choc et s’écroulent à la moindre modification de leur alimentation ou de traitement. Dans les plus grands troupeaux américains, elles sont convenables seulement pour la sélection, et deviennent hors service par épuisement dès l’âge de trois ans. Elles engendrent rarement plus de deux veaux et le nombre moyen de lactations - les périodes de production de lait - tombent à 1.8.
Néanmoins, « l’holsteinisation » des troupeaux de vaches laitières en Grande-Bretagne est déjà en cours. Les fermiers n’ont pas été capables de résister à la promesse génétique : une augmentation de 2 % du rendement de lait par an. Par conséquent, ce mélange d’holstein-friesian est devenu la vache la plus commune en Grande-Bretagne. Le bien-être n’était pas trop bon quand la vache traditionnelle était suprême, mais maintenant 80 % de vaches laitières en Grande-Bretagne sont sujets à la sélection ’involontaire’.
« Ce n’est pas rentable et c’est cruel », dit le professeur M. John Webster de l’école de vétérinaire de l’université de Bristol qui est la plus grande autorité britannique sur l’agriculture animale.
" Je ne vais pas dissuader les fermiers d’utiliser l’amélioration génétique, mais quand ils se servent de toutes les améliorations - ça ne marche pas. Aujourd’hui, en moyenne, les vaches n’ont que 2 lactations dans leur vie ; auparavant, il y en avait 5, 6 ou bien 8."
Tant pour la pauvre vache. Maintenant au lait : la crise actuelle de l’industrie occidentale laitière se concentre sur si vraiment la substance blanche est la bonne substance pour l’optimisation de la santé humaine. De toutes les choses sacro-saintes, même le lait, considéré comme la source idéale de calcium pour la santé des os, est maintenant sujet à un examen minutieux.
Comme jamais auparavant, l’industrie laitière se bat pour maintenir la croyance générale du consommateur à la "bonté essentielle" de ses produits.
Considérez quelques échanges récents, peu amicaux, concernant le cancer du sein : Selon Docteur Anita Wells du Conseil Laitier de la Grande Bretagne sur une étude récente norvégienne « Pour découvrir que ceux qui boivent du lait régulièrement ont un risque réduit de cancer du sein est un pas en avant passionnant. »
Selon Docteur Anette Hjartaker, d’une équipe de recherche norvégienne, parlant des études sur le cancer du sein et la consommation de lait, « Les résultats contradictoires peuvent indiquer que n’importe quelle association entre le lait et le cancer du sein n’est pas élevée. »
Sur la maladie de cœur : « il n’y a aucune preuve scientifique pour soutenir la revendication que si l’on boit du lait ou l’on mange des produits laitiers, qui, en soi, fournissent des graisses saturées, le risque de maladie de cœur augmente. » Le Conseil Laitier du Royaume-Uni. « Les femmes qui consomment plus de graisses insaturées au lieu de graisses saturées ont moins de problèmes de cœur. » Docteur Walter Willett, sur l’Étude de Santé par des Infirmières de Harvard impliquant 78,000 femmes.
Dans la guerre de propagande entre l’industrie et une armée de militants « anti-lait » de la persuasion végétarienne ou des droits des animaux, les deux côtés sont également impitoyables dans leur recours sélectif aux preuves. L’exception brillante vient de rares hommes de science qui travaillent à promouvoir « la substance verte. » (Les végétaux).
Un de ces hommes de science est le docteur T L Colin Campbell, professeur honoraire de l’Université de Cornell, dans l’État de New York, qui est un pionnier d’épidémiologie diététique. « À mon avis, c’est incontestable » dit-il, « car la prévention de maladies, la nutrition et le problème général des protéines animales, y compris ceux du lait et des produits laitiers, se trouvent au centre de notre assiette. »
Un autre homme de science de la persuasion « verte » est le Docteur Stephen Walsh, conférencier à l’Imperial College London et analyste accompli de la Société Végétalienne. C’était Walsh qui a récemment dénoncé la revendication spécieuse des Conseils Laitiers des États-Unis et du Royaume-Uni du rôle protecteur du lait sur le cancer du sein.
« C’est une très bonne nouvelle pour le cancer du sein » m’a dit le Docteur du Conseil Laitier du Royaume-Uni, citant seulement deux études qui ont montré un effet protecteur, mais pas celles qui ont montré des effets négatifs ou nuls. « Ce qu’ils font, ces gens « anti-lait » est de citer les données qui leur conviennent en ignorant l’intégralité de la preuve. » Ah oui ?
Pour retourner à Walsh : « s’il y a un effet avantageux du lait par rapport au cancer du sein, c’est probablement dû au calcium et à la vitamine D dans le lait. Et s’il y a un effet défavorable, il est probablement dû à l’effet du lait sur le facteur de croissance d’insuline IGF-1. » (Contexte : IGF-1 se trouve naturellement dans le lait de l’homme et de la vache. Une fois que la protection génétique a été contrevenue, l’IGF-1 accélère la croissance des cellules malveillantes et est une des cibles de la drogue anti-cancer « tamoxifen »). « À tout prendre, » dit Walsh, « la meilleure chose est d’obtenir le calcium et la vitamine D d’une autre source que du lait et, par conséquent, éviter les dangers potentiels d’IGF-1. »
Vous pouvez voir pourquoi le lait de la vache pourrait déranger quelqu’un qui ne l’a jamais bu auparavant. Ce n’est pas seulement parce que les gens qui n’ont jamais consommé des produits laitiers ont perdu leur capacité métabolique de digérer du lactose dans leur lait maternel avant l’âge de quatre ans. Chaque sorte de lait - celle de l’homme, de l’éléphant, du chameau ou du chien - est formulée pour correspondre aux besoins de croissance différents de ses petits.
Dans le cas de la vache, celui d’un herbivore avec quatre estomacs, une masse énorme d’os et un taux de croissance énormément chargé d’hormone. Mais bien que nous qui buvons du lait soyons génétiquement adaptés à certains des éléments ’étrangers’ du lait, il y a d’autres que nous semblons à ne pas avoir satisfais et qui recherchent inévitablement des rôles involontairement biochimiques pour eux-mêmes.
Ainsi Hippocrate le soupçonnait, la substance blanche est la cause la plus commune des allergies infantiles. Le conseil standard médical est que de telles allergies s’arrêtent normalement avant l’âge de trois ans. Mais dans une étude récente finlandaise, le 2/3 d’un groupe de 56 jeunes enfants diagnostiqués avec une allergie au lait de vache était toujours allergique et fortement symptomatique à l’âge de 10 ans. D’autres études montrent que beaucoup d’enfants sont allergiques au lait, mais ne le savent pas.
Les réactions incluent un nez qui coule, une respiration sifflante, une toux, des infections de l’oreille, un estomac dérangé et des éruptions cutanées. Quand ils cessent de consommer des produits laitiers, les symptômes s’améliorent ou complètement disparaissent et quand ils recommencent à en consommer, les réactions réapparaissent. Apparemment, ces réactions sont causées essentiellement par le lactose et la protéine bovine.
Plus sérieux est la preuve que la consommation de lait et des produits laitiers peut plus que doubler le risque du cancer de la prostate. Il apparaît que le lait, en levant les niveaux de l’IGF-1, incite la croissance du cancer ; en même temps, la consommation de quantités excessives de calcium supprime l’activité essentielle de la vitamine-D, qui renforce la croissance des cellules malveillantes. Il y a deux ans, après que le maire de New York, M. Rudolph Giuliani, avait été diagnostiqué avec un cancer de la prostate, Peta (les Gens pour le Traitement Moral des Animaux) a montré sa propre image sur des panneaux d’affichage’ une moustache de lait ’ et le slogan, en parodisant les réclames américaines « Vous avez du lait ?, Vous avez un cancer de la prostate ?
D’un goût douteux, mais en plein dans le mille scientifiquement.
L’avocat le plus notoire de la campagne « anti-lait » est l’Américain M. Robert Cohen, l’auteur de « Lait : le Poison Mortel » et responsable de [www.notmilk.com->http://www.notmilk.com]. Tout d’abord, Cohen ressemble à un brave type, surtout à cause sa campagne contre l’hormone de bétail génétiquement modifiée par Monsanto, le somatotropin bovin (le BST). Quand cette hormone est injectée dans les vaches, elle augmente le rendement de lait par 20 %. Mais cela augmente aussi la mastite et le mélange d’antibiotique dans les humains, aussi bien que le fait d’accroître les niveaux de l’IGF dans les vaches et dans le lait.
L’organe de certification de l’alimentation et des médicaments des États-Unis a certifié le BST pour l’utilisation en 1993, depuis lors Monsanto poursuit avec succès les producteurs américains qui se sont permis de mettre « sans BST » sur l’emballage de leurs cartons de lait. Bien que nous importions quelques produits AMÉRICAINS laitiers des troupeaux traités avec le BST. L’utilisation - enfin pour le moment - est toujours interdite en Europe.
Les Pros « substance verte » sont également le Comité de Médecins basé à Washington pour la Médecine Responsable (PCRM). Récemment, ils ont posté une mise à jour bien mesurée du rôle de lait dans le cancer de prostate. Mais tel est son penchant anti-lait que vous n’entendez rien du PCRM concernant le rôle de lait, également probable, comme protecteur contre le cancer colorectal. Le choix du consommateur n’a jamais été si gris. Boire du lait et gagner contre le cancer colorectal mais perdre contre le cancer de la prostate ; ou obtenir du calcium par d’autres sources. Mais tandis que les gens anti-lait sont un sérieux problème à l’industrie laitière, les groupes scientifiques « verts » sont un ennemi beaucoup plus redoutable. Un tel groupe est le Groupe de la Nutrition Végétarienne de Pratique Diététique (VNDPG).
En janvier, le Conseil National Laitier des Etats-Unis a organisé un sommet sur « la crise du calcium ». Apparemment un débat ouvert au public, les dispositions de sécurité ont été spécifiquement conçues pour exclure n’importe quel membre du VNDPG - et c’est évident pourquoi. La pièce de résistance scientifique du VNDPG était de démontrer que toutes les allocations diététiques recommandées - de la protéine, des graisses et des substances nutritives, y compris le calcium - peuvent facilement être trouvés dans un régime basé sur des plantes et, par conséquent, que personne n’a pas besoin du lait ou des produits laitiers.
Le coup de propagande le plus couronné de succès de l’industrie, bien sûr, est l’assimilation du calcium essentiel aux produits laitiers. C’est pourquoi le pavé est tombé dans la mare quand l’Étude de Santé des Infirmières d’Harvard a montré ses premiers résultats sur la consommation de lait et la santé des os en 1997. La conclusion : il semblait que les femmes qui obtenaient la plupart du calcium par des produits laitiers doublaient le risque de fracture de la hanche que celles qui en consommaient très peu. Le PCRM a fait paraître une série de réclames et d’articles de presse en Amérique - « le Lait ne protège pas contre les fractures osseuses », tandis que Peta va même jusqu’à prétendre qu’en réalité, le lait et les produits laitiers causent l’ostéoporose.
The Sunday Times Magazine - July 21, 2002
Cover feature : Is there a time bomb in your diet ? Exploding the myths about milk
MILK : NECTAR OR POISON ?
Investigation by Peter Martin
Just 7,000 years ago, the first settled communities, with their new-found genius for growing crops and domesticating animals, were able to create a relative heaven on Earth, verily a ’land of milk and honey’.
But dairy culture was largely confined to the Caucasian minority, and today most of humanity still thinks it a very peculiar practice to consume milk beyond the end of weaning, and even more peculiar to drink the milk of another species.
A handy measure here is lactose intolerance. For 7 out of 10 people worldwide, drinking cow’s milk would bloat them uncomfortably, if not give them the squits.
But we milky few stuck at it, and selective pressure gradually knocked out the genes responsible for our severest reactions to milk. Not that everyone approved of the white stuff. Hippocrates, the father of medicine, swore by milk-exclusion diets for curing all sorts : enfeebled babies, diarrhoea, skin complaints, wheezing, painful joints.
In the main, however, once it was twigged that putting a cow serially into calf keeps the milk flowing, her fertile, maternal glamour became synonymous with tribal good. Today, the New Zealand dairy industry invokes that same sense of bovine blessing with images of blonde jerseys batting their soulful eyelashes. For us, of course, dear old Daisy will for ever be a black-and-white friesian grazing on lush grass.
But there’s no Easter bunny, either. In reality, the modern high-yield dairy cow is a pitiful, ramshackle embodiment of market-driven exploitation. The new UK model, so help us, is the American Holstein battery cow.
A shed-housed fermentation vat on legs, teats dragging on the ground, it’s a sight to frighten children - a giant, 650-kilo, emaciated ectomorph resembling Frankenstein’s goat. Kept hungry by the demands of its genetically uprated metabolism, it eats more or less round the clock and produces 100 pints of milk a day, twice as much as Daisy ever managed.
Trouble is, after years-long genetic selection for ever-increasing milk yield, today’s holsteins blow up or break down at the slightest glitch in feeding or welfare. In the larger American herds, they’re fit only for culling, done and busted, by the age of three. They rarely manage two calves, and the average number of lactations - periods of milk-giving - is down to 1.8 and dropping.
The holsteinisation of the UK dairy herd is already under way, however.
Farmers have not been able to resist the genetic promise : a 2% compound increase in milk yield annually. So it is that the holstein-friesian mix is our commonest dairy creature. Welfare wasn’t too good when Daisy was supreme, but fully 80% of UK dairy cows now go for what’s called ’involuntary’ culling.
’It’s not cost-effective and it’s cruel,’ says Professor John Webster of Bristol university’s veterinary school, and Britain’s leading authority on animal husbandry.
’I’m not going to dissuade farmers from going for genetic improvement, but going for every improvement just doesn’t work. We see farmers already down to two lactations as an average lifetime performance - as opposed to five, six, even eight.’
So much for the poor cow. Now to the milk : the current crisis facing the western dairy industry centres on whether or not the white stuff is the right stuff for optimising human health. Of all sacred cows, even milk as the supposed ideal source of calcium for bone health has come under the stun gun.
As never before, the dairy industry is fighting a pitched battle to uphold consumer belief in the ’essential goodness’ of its products. Consider some recent exchanges of unfriendly fire:On breast cancer : ’To discover that lifelong milk drinkers have a reduced risk of breast cancer is an exciting step forward.’ Dr Anita Wells, of the UK Dairy Council, on a recent Norwegian study.
’The contradicting results may indicate that any association between milk and breast cancer is not a strong one.’ Dr Anette Hjartaker, of a Norwegian research team, commenting on a whole range of studies into breast cancer and milk consumption.
On heart disease : ’There is no scientific evidence to support the claim that drinking milk and eating dairy products, per se, which provide some saturated fat, increases the risk of heart disease.’ The UK Dairy Council.’Women who ate more unsaturated fat instead of saturated fat had fewer heart problems.’
Dr Walter Willett, on the Harvard Nurses’ Health Study involving 78,000 women.
In the almighty propaganda war between the industry and an army of ’anti-milk’ campaigners of the vegetarian and animal-rights persuasion, both sides are equally ruthless in their selective recourse to the evidence. The shining exception is the handful of hard-science types
working on behalf of ’the green stuff’.
One such is Dr T Colin Campbell, professor emeritus at Cornell University, New York state, and a pioneer of dietary epidemiology. ’I see it as unarguable,’ he says. ’For disease prevention, nutrition, and the whole matter of animal protein, including milk and dairy, is at the very centre of the plate.’
Another hard-science ’green-stuff’ type is Dr Stephen Walsh, lecturer in advanced process control at Imperial College, London, and the Vegan Society’s accomplished data-buster. It was Walsh who recently nailed the US and UK dairy councils’ specious claim for milk’s protective role in breast cancer. But the councils are unrepentant.
’It’s very good news about breast cancer,’ the UK DC’s Dr Wells told me, citing just two studies that have shown a protective effect but none of those describing negative or null effects. ’What these anti-milk people do is quote the bits that suit them while ignoring the entirety of the evidence.’ Oh dear.
Back to Walsh : ’If there is a beneficial effect of milk in relation to breast cancer, it is most likely due to the calcium and vitamin D content. And if there is an adverse effect, it’s most likely to be from milk’s effect on the IGF-1 insulin growth factor.’ (Background : IGF-1 naturally occurs in human and in cow’s milk. Once genetic protection has been breached, IGF-1 accelerates malignant cell growth, and is one of the targets of the anti-cancer drug tamoxifen.) ’On balance,’ says Walsh, stun gun cocked, ’the best course is to get your calcium and vitamin D from somewhere other than milk, and skip the potential hazards of IGF-1.’
You can see why cow’s milk might upset anyone who has never drunk it before. It’s not just because people with no dairy tradition lose the metabolic ability to process the lactose in their own mother’s milk by the age of four. Every kind of milk - human, elephant’s, camel’s or dog’s - is formulated to meet the different growth needs of its young. In the cow’s case, that of a herbivore with four stomachs, a huge bone mass and a tremendously hormone-charged growth rate. But although we milky few have genetically adjusted to some of milk’s ’alien’ elements, there are others we appear not to have accommodated, and which inevitably seek out unintended biochemical roles for themselves.
As Hippocrates suspected, the white stuff is the commonest cause of childhood allergies. Standard medical advice is that such allergies usually desist by the age of three. But in a recent Finnish study, two-thirds of a group of 56 infants diagnosed with cow’s-milk allergy
were still allergic and highly symptomatic at the age of 10. Other studies show that many children are milk-allergic but don’t know it.
Reactions include runny noses, wheezing, coughing, ear infections, rashes and stomach upsets. When milk is withdrawn from their diet, symptoms improve or clear altogether, and reintroducing it leads to relapse in the majority. The chief culprits appear to be lactose and
bovine protein.
More serious is the evidence that frequent milk and dairy consumption can more than double the risk of prostate cancer. It appears that milk, by raising IGF-1 levels, promotes cancer growth ; at the same time, excessive calcium suppresses vital vitamin-D activity, which reinforces malignant cell growth. Two years ago, after the then mayor of New York,
Rudolph Giuliani, had been diagnosed with prostate cancer, Peta (People for the Ethical Treatment of Animals) ran billboard images of him with a ’milk moustache’ and the line, spoofing US ’Got milk ?’ ads, ’Got prostate cancer ?’
Zero for taste, but scientifically spot on.
The most notorious of the anti-milk advocates is the American Robert Cohen, author of Milk : The Deadly Poison, and slash-and-burn boss of [www.notmilk.com->http://www.notmilk.com]. To start with, Cohen looked like a good guy, not least for his campaign against Monsanto’s genetically engineered cattle hormone, bovine somatotropin (BST). When injected into cows, it boosts milk yield by 20%. But it also increases mastitis and antibiotic crossover into humans, as well as upping IGF-1 levels in the cow and in the milk.
The US Food and Drug Administration passed BST for use in 1993, since when Monsanto has successfully prosecuted US producers that presumed to put ’BST-free’ on their milk cartons. Although we import some US dairy products from BST-treated herds, BST’s use - if only for the moment - is still banned in Europe.
For the ’green stuff’, less dismissible is the Washington, DC-based Physicians Committee for Responsible Medicine (PCRM). Recently, it posted a well-balanced update of milk’s role in prostate cancer. But such is its anti-milk bias, you’ll hear nothing from the PCRM about milk’s equally probable protective role in colorectal cancer. Never has consumer choice been so gritty. Drink milk and ’win’ on colorectal cancer but ’lose’ on prostate ; or get adequate calcium from other sources.But while the brazenly anti-milk campaigners are a serious nuisance to the dairy industry, the hard-science green groups are a much more formidable enemy. One such is the Vegetarian Nutrition Dietetic Practice Group (VNDPG).
In January, the US National Dairy Council called a ’calcium crisis’ summit. Ostensibly an open debate, the security arrangements were specifically designed to exclude any member of the VNDPG - and you could see why. The VNDPG’s science-solid party piece consists of demonstrating that all the recommended dietary allowances - for protein, fats and nutrients, including calcium - can easily be met within a plant-based diet and, by extension, that nobody has need of milk or dairy.
The industry’s most successful propaganda coup, of course, has been to equate essential calcium with dairy products. Which is why the cow-flop hit the fan when the Harvard Nurses’ Health Study delivered its first results on milk consumption and bone health in 1997. Bottom line : those women who got the most calcium from dairy appeared to be at twice the risk of hip fracture of those who got very little. The PCRM ran billboard and newspaper ads across America - ’Milk Does Not Protect against Bone Breaks’ - while Peta still goes so far as to claim that milk and dairy actually cause
osteoporosis.
Copyright 2002 Times Newspapers Ltd.
"Le lait est-il bon pour la santé ?" - Daily Express
Traduction d’un article de Clare Garner,
paru dans le Daily Express le 13 mai 2003
On nous a élevé dans la conviction que la consommation du lait de vache nous aide à bien grandir. Ce lait nous donnera des dents et des os sains et nous protégera contre les maladies comme l’ostéoporose. Mais quelques nutritionnistes importants ne sont pas du même avis. D’après Patrick Holford, fondateur de l’Institut pour la Nutrition Optimale à Putney, à l’ouest de Londres (020 8877 9993) "Vous pouvez obtenir les substances nutritives contenues dans le lait à partir d’autres aliments. Les graines et les noix ont des teneurs appréciables en calcium et la viande, le poisson et les œufs renferment des quantités intéressantes des vitamines A et D."
Khush Mark, consultant en nutrition avec un cabinet à Harley Street à Londres (07734 115657), va plus loin. Selon elle : "Beaucoup de personnes ne supportent pas le lait de vache, sans le reconnaître. Parmi les symptômes sont la mucosité excessive, les maux de tête, l’asthme et l’eczéma. Le lait de vache a également été lié aux diabètes insulino-dépendants."
Pendant la dernière décennie, la consommation du lait a diminué de 13 %. L’année dernière nous avons bu 4654 millions de litres, par rapport à 5395 millions de litres en 1992. L’Association des Laiteries, aidée par des célébrités telles que Martin Kemp et Chris Eubank, mène une campagne publicitaire qui nous encourage à boire du lait. "Nous voulons dissiper le mythe que le lait est riche en matières grasses" dit Jill Eisberg, PDG de l’Association. "Un verre de 200ml de lait entier contient moins de matières grasses qu’un paquet de chips. Les jeunes femmes qui suivent un régime sans lait parce qu’elles croient à tort que le lait est riche en matières grasses risquent d’avoir des problèmes avec la santé de leurs os plus tard dans la vie parce que c’est possible qu’elles ne consomment pas assez de calcium." L’Association nous encourage à consommer trois portions de produits laitiers par jour - par exemple, un verre de lait, un yaourt et un morceau de fromage (de la grandeur d’une boîte d’allumettes) - pour assurer que nous obtenions la quantité recommandée de calcium.
Mais le Docteur Marilyn Glenville, nutritionniste à Londres (08705 329244) ne croit pas que le lait soit la meilleure source de calcium. "Il ne contient pas beaucoup de magnésium qui est indispensable pour métaboliser le calcium" dit-elle. Elle recommande les produits laitiers en modération et conseille la consommation d’un yaourt par jour avec du lait de soja, de chèvre ou de riz bio, fortifié en calcium, avec une alimentation riche en graines et légumes feuillus afin d’assurer suffisament de calcium et de magnésium.
Voici une petite étude des différentes sortes de lait et leurs bénéfices nutritionnels :
Le lait de Vache
Au Royaume-Uni, 98.7 % du lait consommé provient des vaches. Le plus populaire est le demi-écrémé qui s’élève à presque la moitié de la consommation totale. Le lait demi-écrémé et le lait écrémé contiennent un peu plus de calcium que le lait entier - 120mg de calcium par 100ml, par rapport à 115mg. Le lait entier contient 4 % de matières grasses, le demi-écrémé 1.7 % et l’écrémé 0.1%. Le lait entier contient une proportion élevée de graisses saturées qui sont fortement liées au cholestérol élevé et les maladies cardiaques. Avec une pinte de lait entier on reçoit 2/3 de l’apport nutritionnel en matières grasses saturées recommandé. On ne doit pas donner le lait demi-écrémé aux bébés de moins de 2 ans ni le lait écrémé aux enfants de moins de 5 ans, parce qu’ils ont besoin de l’énergie qui provient des matières grasses. Quelques nutritionnistes conseillent le lait de vache bio, bien que ce soit environ 25 % plus cher.
D’après Khush : "Les vaches qui donnent du lait non-bio reçoivent des antibiotiques et sont remplis d’hormones pour les engraisser et les faire allaiter. Ceux-ci entrent dans le sang et surchargent le foie. "Quelques personnes ne supportent pas le lactose. Ceci veut dire qu’ils ont une déficience de l’enzyme nécessaire pour bien digérer les sucres de lait et le lactose. L’Association des Laiteries maintient que seulement 2 ou 3 % de la population est véritablement allergique au lait de vache et que cela passera avant l’âge de 3 ans pour 9 bébés sur 10 qui en sont consommés.
Le lait de Soja
Le soja a été un élément de base de l’alimentation chinoise depuis plus de 4000 ans, mais la consommation répandue à l’occident date des années soixante. Fabriqué en trempant les germes de soja dans de l’eau, c’est l’alternative la plus connue au lait de vache et c’est un choix populaire pour ceux qui ne supportent pas le lait de vache.
Le soja est riche en protéine. Il a une teneur basse en matières grasses saturées, ce qui permet de maintenir des niveaux de cholestérol bas et protège contre les maladies de cœur. Il est riche en composés dits isoflavones qui peuvent protéger contre l’ostéoporose. Les symptômes de la ménopause sont réduits pour quelques consommatrices du lait de soja et il est également possible qu’il protège contre les cancers du sein, de l’ovaire et de la prostate dépendants des hormones.
Cette année, des chercheurs à l’Université de Bristol ont établi un lien éventuel entre les enfants qui boivent du lait de soja et des allergies aux cacahouètes. L’Université John Hopkins aux Etats-Unis a lié la consommation de soja par des rats aux anomalies reproductrices. D’après le docteur Glenville, nous ne devons pas nous inquiéter. Les études concernent l’isolate de soja ou la protéine de soja, et non pas l’haricot entier. Selon elle : "Les cultures qui consomment traditionnellement du soja et en réalisent les bénéfices ne le mangent pas en forme isolée. Lisez l’étiquette et ne consommez que le lait de soja fabriqué à partir de l’haricot entier." Sauf avis contraire de la part d’un diététicien, le lait de soja ne devrait pas être utilisé comme source unique de nutrition pour les bébés âgés de moins de 2 ans, parce qu’ils ont besoin de la matière grasse du lait entier. En outre, l’effet des isoflavones sur les petits-enfants n’est pas encore connu.
Choisissez toujours une marque fortifiée en calcium et achetez le soja bio afin d’éviter la modification génétique. Le lait de soja revient à un prix environ le double du prix du lait de vache bio. Le lait de chèvre a le caillé plus mou et les molécules de matière grasse sont plus petites que dans le lait de vache, ce qui le rend plus facile à digérer. Ruth Goodwin, représentant de la Société Britannique de Chèvres, dit que c’est un bon choix pour ceux qui ont une digestion délicate ou des ulcères de l’estomac et pour chacun qui veut boire le lait naturel. Le lait de chèvre ressemble plus au lait humain que le lait de vache, ce qui le rend particulièrement convenable pour sevrer les bébés. Le lait de chèvre est également un bon choix pour ceux qui ne tolèrent pas le lactose. "Dès que les enfants commencent à boire le lait de chèvre au lieu du lait de vache, leur eczéma disparaît" dit Khush. Un problème éventuel est le goût qui fait penser au chèvre. Attention à ne pas remuer le carton afin d’éviter un changement de goût. C’est également très cher et le lait de chèvre bio n’est pas disponible.
Le lait de Riz
Comme le lait de soja, le lait de riz est 100 % végétal, pauvre en matières grasses et sans lactose. C’est un bon choix pour les vegans et les gens qui sont allergiques aux produits laitiers de toutes sortes. Fabriqué à partir du sirop de riz complet, l’amidon du riz entier et l’eau filtrée, ce lait est normalement fortifié en calcium. Il est stable à la chaleur, ce qui assure que c’est un bon succédané pour le lait de vache en cuisson, bien que le goût est plus sucré. L’inconvénient c’est sa pauvreté en protéine, donc il faut veiller à ce que vous obteniez votre protéine d’autres aliments comme le tofu.
Il existe d’autres laits produits à partir de graines comme le lait d’avoine et le nouveau venu : le lait de quinoa. Avec le lait de riz, c’est le plus cher de tous les laits. Vous devrez payer jusqu’à £2 sterling pour un litre.
Traduit de l’anglais par Savoir-Faire
Tel : 00 44 1584 856376 - Email :Savoir-Faire@freenet.co.uk
Article original
The Express - May 13, 2003
EXPRESSWOMAN - "IS MILK WHITE FOR US ?" CLARE GARNER
CLARE GARNER investigates
WE’RE brought up to believe that drinking milk will make us big and strong. It will give us healthy teeth and bones and protect us against diseases such as osteoporosis. But some leading nutritionists don’t agree. "You can get the nutrients in milk from other foods, " says Patrick Holford, founder of the Institute for Optimum Nutrition in Putney, West London (020 8877 9993). "You can get calcium from seeds and nuts and vitamins A and D from meat, fish and eggs."
Khush Mark, a nutrition consultant based in London’s Harley Street (07734 115657), goes further. She says : "Lots of people are intolerant to cows’ milk without realising it. Symptoms include excessive mucus, headaches, asthma and eczema. Cows’ milk has also been linked to insulin-dependent diabetes."
In the past decade, consumption has slumped by 13 per cent. Last year we drank 4,654 million litres compared with 5,395million litres in 1992. The Dairy Council, supported by celebrities such as Martin Kemp and Chris Eubank, is running a campaign to encourage us to pick up a pint. "We want to dispel the myth that milk is high in fat, " says Jill Eisberg, chief executive of the council. "A 200ml glass of whole milk has less fat than a bag of crisps. Young women who embark on dairy-free diets because they wrongly perceive milk to be high in fat are risking problems with bone health later in life because they may not be consuming enough calcium."
The council urges us to eat three portions of dairy a day - for example, a glass of milk, a yoghurt and a matchbox-size chunk of cheese - to ensure we get our calcium quota.
But Dr Marilyn Glenville, a nutritionist based in London (08705 329244), doesn’t believe milk is the best source of calcium. "It doesn’t contain much magnesium, which is needed to metabolise calcium, " she says. She does recommend dairy in moderation and advises eating one yoghurt a day alongside organic, calcium-fortified soya, goats’ or rice milk and a diet rich in seeds and leafy vegetables to ensure adequate calcium and magnesium. Here we give a rundown on the different types of milk and their nutritional benefits.
COWS’ MILK In this country, 98.7 per cent of the milk we drink comes from cows. The most popular type is semi-skimmed, amounting to almost half of all consumption. Semi-skimmed and skimmed milk contain slightly more calcium than whole milk - 120mg of calcium per 100ml compared with 115mg. Whole milk is 4 per cent fat, semi-skimmed 1.7 per cent and skimmed 0.1 per cent. Whole milk contains a high proportion of saturates that are strongly linked with high cholesterol and heart disease. One pint of full-fat milk provides two-thirds of the recommended saturated fat intake. Babies under two should not be given semi-skimmed milk and children under five should not be given skimmed milk because they need energy from the fat. Some nutritionists recommend organic cows’ milk, though it’s about a quarter more expensive than non-organic.
Khush says : "Cows which produce non-organic milk are given antibiotics and pumped with hormones to fatten them and make them lactate. These enter the bloodstream and tax your liver." Some people are lactose-intolerant. This means they lack the enzyme lactase needed to digest milk sugar and lactose properly.
The Dairy Council says only 2 or 3 per cent of the population are truly allergic to cows’ milk and around nine out of 10 babies affected grow out of it by the age of three.
SOYA MILK Soya has been a staple of Chinese diets for more than 4,000 years but has been widely consumed in the West only since the Sixties. Made by soaking soya beans in water, it’s the most common alternative to cows’ milk and a popular choice for those who are intolerant or allergic to it.
Soya is an excellent source of protein. It’s low in saturated fat, too, making it good for keeping cholesterol levels down and protecting against heart disease. It’s rich in compounds called isoflavones that may help protect against osteoporosis. It can reduce symptoms of the menopause and help protect against hormone-dependent cancers of the breast, ovary and prostate.
Researchers at Bristol University this year established a possible link between infants who drink soya milk and peanut allergies. John Hopkins University in the US has linked soya consumption in rats with reproductive abnormalities.
Dr Glenville says we shouldn’t be alarmed - the studies are of soya isolate or soya protein, not the whole bean. She says : "Cultures that traditionally consume soya and reap the benefits don’t eat it in isolate form. Read the label and only drink soya milk made from the whole bean." Unless advised by a dietician, soya milk shouldn’t be used as a sole source of nutrition for babies under two because they need the fat from whole milk. Also, the effect of the isoflavones on small children is unknown.
Always choose a brand that is calcium-fortified and buy organic soya to avoid genetic modification. Soya milk is about twice the price of organic cows’ milk. GOATS’ MILK This has a softer curd and smaller fat molecules than cows’ milk, making it easier to digest. Ruth Goodwin, from the British Goat Society, says it’s a good choice for people with delicate digestions or stomach ulcers and for anyone wanting to drink milk as nature intended. Goats’ milk is more similar to human milk than cows’ milk, making it the best bet for weaning babies. The formula brand, Nanny, is popular among nutritionists. Goats’ milk is also a good option for people who are lactose-intolerant. "As soon as I switch children from cows’ to goats’ milk, their asthma or eczema clears up, " says Khush. A potential problem with goats’ milk is that it can taste "goaty". Be careful not to shake your carton as this can affect the flavour. It’s also pricey and organic goats’ milk is not available.
RICE MILK Like soya milk, rice milk is 100 per cent non-dairy, low in fat and lactose-free. It’s a good choice for vegans and people who are allergic to all types of dairy. Made from brown rice syrup, brown rice starch and filtered water, it’s usually fortified with calcium. It’s heat-stable, which makes it a good replacement for cows’ milk in cooking, although it has a sweeter taste. The drawback is that it has virtually no protein so you have to ensure you get your protein from other sources such as tofu and eggs.
Other milks made from grains are oat milk and the newcomer, quinoa milk. Along with rice milk, they are the most expensive of all. Expect to pay up to GBP 2 a litre.
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"Le lait rend gravement malade 7 millions de britanniques" - The Independent
Les scientifiques disent que l’intolérance au lactose non détectée, est à l’origine de fatigues chroniques, arthrites et problèmes intestinaux.
Auteur : Severin Carrel
Publié dans The Independent, le 22 juin 2003.
D’après un couple de chercheurs biochimiques, des millions de britanniques souffrent de graves maladies du fait que leurs corps sont incapables de digérer correctement le lait.
Le Dr. Stephanie Matthews et le Professeur Anthony Campbell estiment qu’au moins 7 millions de britanniques souffrent de fatigue chronique, arthrite de type articulaire et des problèmes intestinaux à cause d’une intolérance au lactose, sucre naturel du lait.
Leur découverte - présentée à une conférence nationale sur les intolérances alimentaires organisée par la Société Royale de Médecine le 1e juillet (Royal Society of Medecine) - provoquera une polémique féroce dans le monde médical et alarmera les industries agricoles et alimentaires.
Le couple, qui a déjà une étude fondée sur cette théorie publiée dans The Lancet, affirme que des millions de personnes souffrent de ces maladies parce que leur intolérance demeure non détectée.
Dr. Matthews, qui dirige au sein du NHS (National Health Service, équivalent Hôpital public) un service spécialisé dans le traitement des patients intolérants au lactose, à l’hôpital Llandough à Cardiff, déclare que plus de 250 patients manifestaient une amélioration significative et souvent totale après la suppression du lait de leur alimentation.
Après vérification avec un test reconnu pour l’intolérance au lait, ces patients ont été guéris de fatigues chroniques, migraines, troubles digestifs et problèmes de transit intestinal, même de l’asthme et la tachycardie - un rythme cardiaque rapide et irrégulier.
Dr. Matthews : "Le lait est très bon - si vous le tolérez - mais si vous ne pouvez pas, alors cela peut vous faire beaucoup de mal, et ceci n’est pas reconnu”. Son mari, un professeur du Collège de médecine à l’université du Pays de Galles, ajouta : “Nous pensons avoir trouvé un nouveau syndrome majeur”. Cependant, les 2 plus importantes autorités britanniques, sur l’intolérance au lactose, furent profondément sceptiques au sujet de leurs revendications.
Le Dr. Paul Clayton, qui siégera à la conférence de la Société Royale de Médecine, dit qu’il pensait qu’ils avaient confondu l’intolérance au lactose avec une allergie aux autres protéines du lait : “Je trouve ceci très difficile à comprendre”.
Le Professeur Dallas Swallow, une généticienne du laboratoire Galton à l’Université Collège de Londres, déclara que leur théorie n’est pas “plausible”. Très peu de ces maladies, sauf les troubles digestifs et intestinaux, ont été liées scientifiquement à une intolérance au lactose : “Cela me rend perplexe”.
Les experts médicaux reconnaissent qu’environ 5% des britanniques blancs perdent la capacité de digérer le lactose quand ils atteignent l’âge adulte. Ils tombent malades s’ils boivent du lait ou consomment des aliments comme des pains, des plats ou sauces préparés industriellement, qui contiennent du lait ou son édulcorant naturel, le lactose.
La proportion d’adultes intolérants au lactose d’autres groupes ethniques s’élève brusquement dans l’hémisphère sud et en Extrême-Orient. Tandis que tous les bébés peuvent sans risque boire du lait, environ 95% des adultes chinois et 50% des indiens du nord deviennent en grandissant intolérants au lactose.
DR Matthews et Professeur Campbell croient qu’au moins 4 millions des britanniques blancs souffrent de cette intolérance - le double du chiffre admis. Ils suspectent aussi qu’une grande majorité des 3 millions d’adultes non-blancs britanniques ont également cette intolérance.
Leurs symptômes demeurent non-détectés parce qu’il y a un délai de 24 a 36 heures qui sépare la consommation du lait et la manifestation des symptômes, parce que l’intolérance au lactose n’est pas souvent reconnue et parce que les symptômes ressemblent fortement à d’autres maladies.
Ils pensent également que le taux d’intolérance au lactose a accru parce que d’avantages de produits alimentaires préparés industriellement, comme le pain, la bière, et même les saucisses, utilisent le lactose en tant qu’agent pour épaissir, texturer et comme édulcorant. L’additif de lactose n’est pas souvent étiqueté - principalement parce qu’on ne le voit pas comme risqué. Professeur Campbell, biochimiste reconnu l’an dernier pour avoir inventé un test utilisant une protéine génétiquement modifiée pour changer de couleur, déclare : “On ne dit pas que le lait est mauvais pour tout le monde - c’est un produit fantastique. J’en consomme beaucoup parce que cela ne me pose aucun problème.”
Le couple croit que des personnes deviennent malades parce qu’elles n’ont pas l’enzyme lactase qui digère le lactose dans leur intestin grêle. Par conséquent, le lactose passe dans le gros intestin où il est ensuite " mangé " par des bactéries intestinales inappropriées, ce qui émet des toxines dans le corps. C’est une théorie contestée par le Dr Clayton.
Ils admettent que leur théorie doit être évaluée dans le cadre d’un essai scientifique avec comité de lecture, et vont prochainement faire une demande de bourse pour financer leur recherche. Le comité éthique de leur hôpital (NHS) a approuvé leur projet de tester des patients qui leur seront envoyés par des conseillers hospitaliers.
Texte original
Milk causes ’serious illness for 7m Britons’
Scientists say undetected lactose intolerance is to blame for chronic fatigue, arthritis and bowel problems.
By Severin Carrell 22 June 2003 The Independent
Millions of British adults are suffering from serious illness because their bodies are unable to safely digest milk, a husband and wife team of biochemists have claimed.
Dr Stephanie Matthews and Professor Anthony Campbell believe at least seven million Britons suffer from chronic fatigue, arthritis-type joint problems and bowel problems because they are intolerant to lactose, a sugar which naturally occurs in milk.
Their findings - being presented at a national conference on food allergies organised by the Royal Society of Medicine on 1 July - will provoke fierce controversy in the medical world and alarm the farming and food industries.
The couple, who have already had one case study based on their theory published in the The Lancet, claim that millions of people are suffering from these illnesses because their intolerance has gone undetected.
Dr Matthews, who runs a special NHS clinic dealing with lactose intolerant patients at Llandough Hospital in Cardiff, said more than 250 patients showed marked and often complete improvements in their health after cutting milk from their diets.
After being checked with a widely recognised breath test for milk intolerance, the patients were cured of illnesses such as debilitating fatigue, headaches, persistent bowel and stomach upsets, and even asthma and tachycardia - a rapid and irregular heart beat.
"Milk is very good for you - if you can tolerate it - but if you can’t, it can do you a lot of harm, and this hasn’t been recognised," Dr Matthews said. Her husband, a professor at the University of Wales College of Medicine, added : "We believe we’ve found a major new syndrome here."
However, two of Britain’s leading authorities on lactose intolerance were deeply sceptical about their claims.
Dr Paul Clayton, who will co-chair the Royal Society of Medicine conference, said he believed they had confused lactose intolerance with an allergic reaction to other proteins in milk. "I find this very hard to understand," he said.
Professor Dallas Swallow, a geneticist at the Galton Laboratory at University College London, said their theory was "implausible". Few of these illnesses, except bowel and stomach problems, had been scientifically linked to lactose intolerance. "I’m puzzled about this," she said.
Medical experts agree that about 5 per cent of white Britons become unable to digest lactose when they reach adulthood. They fall ill if they drink milk or eat foods such as breads, ready-meals or sauces which contain milk or its natural sweetener, lactose.
The proportion of lactose-intolerant adults from other ethnic groups rises sharply in the southern hemisphere and the Far East. While nearly all babies can safely drink milk, about 95 per cent of Chinese adults and about 50 per cent of north Indians grow up to be lactose intolerant.
Dr Matthews and Professor Campbell believe that at least four million white Britons suffer from this intolerance - double the accepted figure. A large majority of Britain’s three million non-white adults also have that intolerance, they suspect. Their symptoms go undetected because there can be a 24- to 36-hour gap between someone drinking milk and suffering symptoms, because lactose intolerance is often unrecognised and because their symptoms are so similar to other illnesses.
They also believe the rate of lactose intolerance has grown because far more processed foods, such as bread, beer and even sausages, use lactose as a bulking agent, texturising agent and sweetener. The lactose additive is often not labelled - chiefly because it is not seen as risky.
Professor Campbell, a biochemist who achieved fame last year after inventing a test using genetically modified proteins that change colour, said : "We’re not saying milk is bad for everybody - it’s a tremendous product. I take a lot of it because I’m okay."
The couple believe that sufferers become ill because they don’t have the lactase enzyme that processes lactose in their small intestine. As a result, the lactose passes into the large intestine, and is then "eaten" by unsuitable gut bacteria, which then discharge toxins into the body - a theory disputed by Dr Clayton.
They admit their theory needs to be tested in a peer-reviewed scientific trial, and will apply for research funding. Their local NHS ethics committee has approved their plans to test patients referred by hospital consultants.
" Le lait peut-il provoquer le cancer ? " - The Independant
Nous savons tous que le cancer est lié à l’alimentation. Selon Jane Feinmann, une nouvelle théorie vient dénoncer les produits laitiers comme un déclencheur possible.
Article publié dans le journal The Independent le 12 avril 2004
Traduction par Carine Dos Santos
Lorsqu’on a diagnostiqué un cancer du sein à Amanda Myer à l’âge de 43 ans, la dernière chose à laquelle elle pensait était l’alimentation. "J’avais déjà une alimentation que je considérais saine et équilibrée et je ne voyais rien à y changer. J’avais lu quelque part que le kiwi contient beaucoup d’antioxydants, j’en mangeais donc un par jour et j’ai commencé à acheter du lait biologique sans aller plus loin."
Un an plus tard, après avoir soigné son cancer et connu une récidive de celui-ci, c’était une autre paire de manches. "Le problème était de savoir comment j’allais m’en sortir" se souvient-elle. "J’avais la chance de bénéficier d’un excellent traitement médical, mais j’avais l’impression de vouloir un plus : cette fois, il fallait vraiment que je trouve une façon de m’aider."
Avant même d’avoir à subir un autre traitement à l’hôpital, elle a suivi le conseil de sa sœur et s’est rendue à un séminaire au Centre d’Aide contre le Cancer à Bristol, organisation caritative pionnière en matière de soutien émotionnel, spirituel et physique aux cancéreux. À présent guérie, son médecin consultant lui a confié le mois dernier qu’elle était "sa patiente la plus en forme." Elle met son état de santé sur le compte du soutien du Centre, qui lui a enseigné la relaxation et les techniques de visualisation et surtout qui lui a appris quoi manger et quoi ne pas manger pour contrer la récidive de son cancer.
Depuis ses débuts, le Centre d’Aide contre le Cancer à Bristol fournit des conseils nutritionnels (au cours des premières années, il faisait la promotion du très à la mode "Bristol Diet", privilégiant les diètes au jus et les lavements avec le café). Cependant, il a plus récemment rassemblé la masse grandissante de preuves montrant par exemple, le lien entre alimentation, obésité et cancer. On se dirige à présent vers une nouvelle controverse au sujet de l’un des plus importants litiges concernant la nutrition.
Le mois dernier, le centre a invité un éminent scientifique, le professeur Jane Plant (MBE : Member of the British Empire), auteur de "Votre vie entre vos mains, Comprendre, Prévenir et Surmonter le cancer du sein" (éditions Virgin Books), à s’adresser à un public composé de scientifiques, médecins et responsables politiques dans le cadre d’une conférence sur l’alimentation et le cancer. Le but précis de l’événement était de susciter un débat visant à décider si les produits laitiers doivent ou non porter un avertissement sanitaire en rapport avec certains cancers.
La guerre du professeur Plant contre les produits laitiers et la nourriture industrielle a commencé il y a dix ans, après 4 récidives de son cancer du sein en l’espace de quelques années. La présence d’une énorme tumeur sur un côté de son cou et un pronostic de moins de trois mois, ont inévitablement mobilisé tout son esprit. Elle a passé une soirée à se remuer les méninges avec son mari, également scientifique, récemment de retour d’une mission en Chine, afin de savoir pourquoi une femme sur 10 était atteinte d’un cancer du sein au Royaume-Uni en comparaison avec les 1 sur 10 000 en Chine.
“Quelque chose d’assez particulier s’est produit”, dit-elle. "Peter et moi avons travaillé ensemble si étroitement au cours des années que je ne sais plus lequel a dit en premier : "Les Chinois ne consomment pas de produits laitiers." En se souvenant du nom familier du cancer du sein en Chine ("La maladie des femmes riches") car "elles mangent de la glace ou du fromage comme à Hong Kong", ils en ont eu la confirmation, tout comme au cours d’une incursion approfondie en épidémiologie.
Elle a découvert que les hormones et les médicaments contenus dans le lait de vache, destinés à accélérer la croissance des veaux, comportaient le facteur de croissance insulinomimétique de type 1 (IGF-1), qui entraîne la division et la multiplication des cellules (mécanisme identique à celui qui permet le développement des tumeurs.) Bien que significatives, il n’y a eu que peu d’études prouvant le rôle du facteur de croissance insulinomimétique de type 1 dans le développement du cancer (montrant par exemple que les femmes en période de pré-ménopause ayant un taux important de IGF-1 encourraient un risque supérieur à la moyenne de cancer du sein, tout comme les ovo-lacto-végétariens).
À partir de ce moment-là, Plant était déjà convaincue. Après avoir jeté tous les produits laitiers à la poubelle ce soir-là, elle a constaté que la bosse avait commencé à diminuer en quelques jours et avait totalement disparu en quelques semaines. Son expérience dans le conseil personnel d’une vingtaine d’autres femmes et de milliers d’autres ayant lu son livre et l’ayant "remerciée pour avoir sauvé leurs vies" par email l’ont convaincu du " lien clairement existant entre le cancer du sein et les produits laitiers."
Son nouveau livre, “Comprendre, prévenir et surmonter le cancer de la prostate” publié le mois prochain chez Virgin Books recommande le même régime alimentaire excluant les produits laitiers, conseillant une nourriture exclusivement biologique (pour éviter les pesticides toxiques et les substances polluantes) pour les personnes souffrant de cette tumeur de plus en plus courante, qui, comme le cancer du sein, est liée aux hormones et qui, est étrangement quasi-inexistante en Chine rurale.
Le problème est que le danger des produits laitiers est vu comme extrémiste et non fondé par la plupart des spécialistes en oncologie. Le manque d’essais cliniques de qualité pour argumenter ce qui selon eux ne reste qu’une théorie signifie que les médecins soulèvent rarement le problème de la nutrition avec les patients atteints du cancer et contournent les questions quand on les pose.
Pour le Docteur Clare Shaw, diététicienne au Royal Marsden Hospital (situé à Londres, N.d.T.), la priorité des patients atteints de cancer et subissant un traitement est la nécessité de maintenir un apport nutritionnel adéquat pendant la radiothérapie et la chimiothérapie qui sont très épuisantes. "Une fois le traitement terminé, les gens ont réellement une possibilité de penser à des changements de style de vie qui pourraient empêcher une récidive du cancer. Mais le problème des cliniciens réside dans le manque de preuves certifiant que l’éviction des produits laitiers est bénéfique. Les études qui peuvent généralement être appliquées sont difficiles à mener (parce qu’un régime alimentaire sans produits laitiers et des légumes biologiques est plus susceptible d’attirer un groupe auto-sélectionné de classe moyenne et d’âge moyen.)"
C’est peut-être vrai, mais il faut trouver un moyen d’avancer selon le Centre d’Aide contre le Cancer. Sur les 11 000 personnes, qui contactent sa ligne d’aide chaque année, plus de la moitié demande des renseignements sur la nutrition. "Bien souvent après le diagnostic d’un cancer, les gens cherchent un moyen accessible de s’aider immédiatement" déclare le directeur de la thérapie, Helen Cooke. "Nous savons que 40% des cancers sont provoqués par une mauvaise alimentation et il semble très fortement probable que les récidives de cancers existants sont également influencées par le régime alimentaire. Les gens en ont assez qu’on leur dise de manger des Mars et de plus de glace pour maintenir leur poids. Ils veulent trouver quelque chose de réellement nutritif."
Le Centre d’Aide contre le Cancer exige que le Gouvernement soutienne la recherche indépendante permettant d’identifier le rôle de la nutrition dans la récidive du cancer. Il demande également qu’une information de qualité soit mise à disposition de toute personne diagnostiquée. Ce mouvement est soutenu par une spécialiste en oncologie célèbre, le professeur Karol Sikora, conseillère de l’Organisation Mondiale de la Santé en matière de cancer. "Les malades du cancer veulent de plus en plus savoir ce qu’ils peuvent faire pour eux-mêmes et ils devraient avoir accès à l’information dont ils ont besoin ainsi qu’au soutien qui leur est dû. Les bienfaits psychologiques sont prouvés et je ne doute pas un instant que les personnes qui ont l’impression de se maîtriser ont de meilleures chances de survie."
Les nutritionnistes de Bristol recommandent l’arrêt des produits laitiers et leur remplacement par du soja, la diminution de la consommation de viande ainsi que plus de graines, fruits et légumes. Mais ils ne suivent pas tous les conseils diététiques "légèrement extrêmes" de Jane Plant. "Nous considérons que les gens devraient essayer d’ajouter des aliments nutritifs à ce qu’ils mangent déjà plutôt que de se concentrer sur l’abandon d’aliments. C’est en ajoutant des fruits et des légumes que l’on mange normalement plutôt qu’en se sentant coupable d’apprécier le café et les croissants." selon Cooke.
Cette approche a fonctionné pour Amanda Myer qui évite les produits laitiers à présent mais pas de façon fanatique. "Si je mange dehors et qu’il y a du fromage dans un plat, je le mangerais quand même" nous confie-t-elle. "Je ne pense pas que de petites quantités aient un mauvais effet, et de toute façon je veux éviter tout ce qui me rendra la vie plus difficile. J’achète même de la nourriture non biologique si je n’ai pas le choix. Mais je frissonne en pensant à la quantité de pesticides que je dois avoir consommée avec tout le vin non biologique que je buvais auparavant. J’aime toujours le vin, mais à présent il est toujours biologique."
Traduction de l’article par Carine Dos Santos
Texte original
Could milk be a cause of cancer ?
We all know that cancer is linked with diet. Now a controversial theory singles out dairy products as a possible trigger, writes Jane Feinmann
12 April 2004
Food was the last thing on Amanda Myer’s mind when she was first diagnosed with breast cancer four years ago, at the age of 43. "I was already eating what I considered to be a healthy, balanced diet and didn’t see any need to change it. I’d read somewhere that kiwi fruit contained lots of antioxidants, so I’d have one every day, and I think I started buying organic milk. But that was as far as it went."
A year later, after the cancer had cleared and then returned, it was a different story. "It was a question of, ah, how am I going to get out of this scrape," she recalls. "I was lucky to be receiving excellent medical treatment, but I felt I needed something extra, that this time I really had to find a way to help myself."
Before she even underwent further hospital treatment, she took her sister’s advice and went on a residential course at Bristol Cancer Help Centre (BCHC), the holistic charity that has pioneered physical, spiritual and emotional support for people with cancer. Now recovered, she was told by her consultant last month that she was his "fittest patient". And she puts her health status down to the Centre’s supportive counselling, to learning relaxation and visualisation techniques - and, above all, to finding out what to eat and what not to eat to stop her cancer recurring.
From its beginnings, BCHC has been associated with the provision of nutritional advice - in the early years, promoting the faddish Bristol Diet, involving much juicing and regular coffee enemas. More recently, however, it has brought together the growing mass of evidence showing, for instance, the link between diet, obesity and cancer. Now, however, it is edging towards controversy again by taking on one of the most contentious issues in nutrition today.
Last month, the centre invited the eminent scientist Professor Jane Plant MBE, bestselling author of Your Life in Your Hands - Understanding, Preventing and Overcoming Breast Cancer (Virgin Books), to address an audience of scientists, doctors and policy-makers at a keynote lecture on diet and cancer. The specific aim of the event was to spark a debate over whether dairy food should carry a health warning in relation to specific cancers.
Professor Plant’s war against dairy and non-organic food started 10 years ago, after her breast cancer had recurred four times in the space of a few years. The presence of a huge tumour in the side of her neck, and a prognosis of less than three months, inevitably focused her mind. She spent an evening brainstorming with her husband, also a scientist, who had recently returned from working in China, over the possible reason why one in 10 women get breast cancer in the UK compared to one in 10,000 in China.
"Something rather special happened," she recalls. "Peter and I have worked together so closely over the years that I am not sure which one of us first said, ’The Chinese don’t eat dairy produce’." Recalling the slang name for breast cancer in China - "Rich women’s disease", because "they’re people who eat Hong Kong food, things like ice cream and cheese", provided further confirmation - as did her further foray into the science behind the epidemiology.
Hormones and chemicals in cow’s milk, designed to provoke the rapid early growth of infant cattle, she discovered, include insulin growth factor IGF-1, which causes cells to divide and reproduce - exactly the mechanism that occurs when tumours develop. There were small but significant studies proving the role of IGF-1 in the development of cancer - for instance, showing that pre-menopausal women with high levels of IGF-1 have a higher than average risk of breast cancer, as do dairy-eating vegetarians.
By then, however, Plant was already convinced. Having thrown everything dairy into the rubbish bin that evening, she found that the lump started to reduce in size within days and disappeared within weeks. Her experience in personally advising scores of other women, and thousands of others who have read her book and e-mailed her "to thank me for saving their lives" has convinced her of a "clear link between breast cancer and dairy produce".
Her new book, Understanding, Preventing and Overcoming Prostate Cancer, published next month by Virgin Books, will recommend the same diet of non-dairy, exclusively organic produce (to avoid toxic pesticides and pollutants) for sufferers from this increasingly common tumour, which, like breast cancer, is hormone-related, and which, incidentally, is almost non-existent in rural China. If her previous book is anything to go by, it is set to have a major impact on public confidence in mainstream dietary advice.
For the problem is that the dairy danger is viewed as extremist and unproven by most oncology specialists. The dearth of good clinical trials to support what is, they say, so far only a theory, means that doctors rarely if ever raise the question of nutrition with cancer patients - and skate around the issues if they’re asked.
For Dr Clare Shaw, consultant dietician at the Royal Marsden Hospital, the main priority for cancer patients undergoing treatment is the need to maintain adequate nutritional intake during gruelling radio- and chemotherapy. "Once that’s over, people do have an opportunity to consider lifestyle changes that might help them to avoid a recurrence of cancer. But the issue for clinicians is that there’s no evidence that avoiding dairy produce will bring any benefits. And research that can be generally applied will be difficult to carry out - because a diet involving no dairy and organic vegetables is more likely to attract a self-selected group of people who are middle class and middle-aged."
That may be true - but a way forward must be found, says BCHC. Of the 11,000 people who contact its helpline every year, over half want information on nutrition. "So often following a diagnosis of cancer, people want to find an accessible form of self-help with which they can get started immediately," says the director of therapy, Helen Cooke. "We know that 40 per cent of cancers are caused by poor diet, and it seems highly likely that recurrences of existing cancers will also be affected by diet. People are fed up with being told to eat Mars Bars and extra ice-cream to keep up their weight. They want to find out what is truly nutritious."
BCHC is demanding that the Government backs independent research to identify the role of nutrition in preventing cancer recurrence, and that good quality information is available to everyone following a diagnosis. It’s a move backed by leading oncologist, Professor Karol Sikora, World Health Organisation adviser on cancer. "Increasingly, people with cancer want to know what they can do for themselves, and they should be given all the support and information they need. If for no other reason, the psychological benefits are proven and I have no doubt that people who feel in control have a better chance of survival."
Bristol nutritionists do advise cutting back on dairy foods in favour of soya, with less meat and more grains and fruit and vegetables. But they don’t go all the way with Jane Plant’s "slightly extreme" dietary guidelines. "Our view is that people should try to add nutritious food to what they are already eating rather than focusing on giving things up. It’s about adding more fruit and vegetables to what you normally eat rather than feeling guilty about enjoying coffee and croissants," says Cooke.
The approach has worked for Amanda Myer who now avoids dairy food, but not fanatically. "If I’m eating out and there’s cheese in a dish, I’ll eat it quite happily," she says. "I can’t imagine that small quantities can have any adverse effect, and anyway, I want to avoid anything that makes life more difficult. I’ll even buy non-organic food if there’s no alternative. But I shudder to think of the quantity of pesticides that I must have consumed with all the non-organic red wine that I used to drink. I still enjoy wine, but now it’s all organic," she says.
© 2004 Independent Digital (UK) Ltd
"Une fondation contre le cancer rejette le don de 1million de livres de Nestlé" - The Guardian
Traduction de l’article : "Cancer charity turns down £1m Nestlé donation”
Auteur : Kevin Maguire
The Guardian - Jeudi 6 mai 2004
Une importante fondation britannique contre le cancer a refusé la donation d’un million de livres par Nestlé sur l’accusation que le conglomérat d’alimentation suisse encourage son dangereux lait en poudre pour bébé dans des pays en voie de développement.
Breakthrough Breast Cancer, organisation très en vue d’aide à la recherche sur le cancer du sein, soutenue par les mannequins vedettes Elle Macpherson et Kate Moss, a rejeté la proposition doutant des motifs de la compagnie Nestlé.
La fondation, renommée pour sa collecte de fonds dans le milieu de la mode, craint que Nestlé, cible d’un long boycott par les militants anti-préparation pour biberons, espère utiliser leur respectabilité et leur image positive pour soutenir leur propre position.
Nestlé a offert de soutenir la fondation financièrement et de promouvoir son travail sur leurs boîtes de céréales petit-déjeuner.
La fondation a décliné l’offre faite par Cereal Partners, partenaire d’une société américaine produisant les marques de petit-déjeuner de Nestlé, parce que la recherche suggère que l’allaitement réduit les risques de cancer du sein.
Delyth Morgan, le directeur de Breakthrough Breast Cancer déclara : "Nous pouvons confirmer que Cereal Partners nous ont approché pour une proposition de promotion et de marketing pour la cause, mais qu’après une considération méticuleuse, nous avons décidé de décliner cette collaboration."
La fondation Breakthrough Breast Cancer, qui a de proches liens avec Marks & Spencer et Avon, pense récolter 7 millions de livres par an et ainsi financer des projets de recherche à l’Institut de Cancérologie de Londres.
Le refus est un coup dur pour Nestlé, que les militants accusent de mettre en danger la vie des mères et des enfants en bas âge en encourageant la vente de lait pour bébé en poudre dans les pays en voie de développement, où l’eau y est souvent polluée. Les critiques contre Nestlé soutiennent que des milliers de mères souffrent de malnutrition, et des milliers d’enfants allaités au biberon meurent de diarrhée.
Le Réseau International d’Action pour l’Alimentation des Bébés (International Baby Food Action Network ) déclare également que Nestlé refuse de se soumettre à un code international interdisant les pratiques marketing contraires à l’éthique. Ils sont coupables, entre autres, d’inciter les docteurs à recommander l’usage des bouteilles et de distribuer aux mères des échantillons gratuits de substituts de lait.
Nestlé rejette les charges, insistant qu’elle est une société socialement responsable.
Patti Rundall, la directrice de campagne de "Baby Milk Action" basé à Cambridge, la branche britannique du réseau anti-Nestlé déclara : "Avec son énorme budget marketing frôlant les milliards, Nestlé sape l’allaitement, qui est une nécessité vitale pour les nourrissons. Les preuves continuent à s’accumuler sur l’importance à long terme de l’allaitement dans la réduction des maladies cardiaques, de l’obésité, du diabète et du cancer du sein."
Mme Rundall ajouta que suite au boycott de Nestlé, les grandes agences de développement du Royaume-Uni avaient pendant des années refusé d’accepter de l’argent de Nestlé, comme l’avaient fait plusieurs administrations régionales de santé publique, des universités et des célébrités.
"Ils savent tous comment Nestlé utilisera leur réputation pour couvrir son dangereux marketing. Il est encourageant de voir aussi que d’autres fondations pour la santé au Royaume-Uni, commencent à considérer l’impact mondial de telles sociétés."
Dans une déclaration, la compagnie répondit : "Nestlé prend ses responsabilités sociales très au sérieux. Notre compagnie croit fermement que l’allaitement est la meilleure façon d’alimenter un bébé et nous sommes fortement dédiés à la protection et à la promotion de l’allaitement. Cependant, quand les mères ne peuvent pas ou ne veulent pas allaiter, la préparation pour nourrisson est le seul produit reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé comme une alternative appropriée. Nestlé adopte totalement les règles de l’OMS."
Il y a deux ans, les écrivains Germaine Greer et Jim Crace quittèrent le Guardian Hay Festival, après que Nestlé soit annoncé comme un des sponsors et que son vice-président, Niels Christiansen, ait parlé sur le sujet : Bonne Conduite Commerciale : un Labyrinthe Moral.
Article traduit par Akasha
SocietyGuardian.co.uk © Guardian Newspapers Limited 2004
Liens sur la question :
http://www.mcspotlight.org/beyond/n...
http://www.breastfeeding.com/advoca...
http://www.babymilkaction.org/
"Un vrai progrès : Du lait pour les africains !" par Thierry Souccar.
"Lien entre le lait et le cancer des ovaires" - BBC
Les chercheurs ont trouvé qu’une importante consommation de lait favoriserait le développement du cancer des ovaires.
(source : BBC News) - publié le 29/11/2004
Traduction par Claude Simon
Une étude concernant plus de 60 000 femmes a montré qu’en buvant plus de deux verres de lait par jour, elles augmentent nettement le risque de contracter un des pires cancers qui soit.
D’autres études ont démontré le lien entre les produits laitiers et les cancers, y compris du sein et de la prostate.
Les résultats des travaux réalisés à l’Institut Karolinska (un des principaux centres de recherche scientifique de Suède) ont été publiés dans l’American Journal of Clinical Nutrition.
Dr Kate Law :"Il est donc important de conseiller un régime équilibré qui comprend beaucoup de fruits et de légumes frais".
Les chercheurs ont suivi 61 084 femmes âgées de 38 à 76 ans pendant environ 13 ans.
Pendant cette période, ils ont trouvé un cancer des ovaires chez 266 femmes, dont 125 avec une forme grave.
Il s’est avéré que ces femmes avaient consommé quotidiennement plus de quatre portions de produits laitiers, et étaient exposées à un risque deux fois plus élevé d’être atteintes d’un cancer grave que celles qui en consommaient moins de deux par jour.
Les chercheurs ne savent pas encore exactement pourquoi le lait augmente le risque de cancer des ovaires. Une théorie prétend que le lactose, un sucre présent dans le lait, stimule beaucoup trop la production d’hormones, ce qui favorise l’apparition de tumeurs.
Éléments diététiques confus
Dr Kate LAW, du Cancer Research UK (organisation caritative qui soutient la recherche sur le cancer), a déclaré que les chercheurs ne savaient pas encore de quelle manière les nutriments, ou la quantité et la répartition des graisses dans le corps, influent sur les risques de développement d’un cancer.
Elle a ajouté : "D’autres études ont également suggéré qu’un régime riche en lait, yaourts et fromages pouvait exposer les femmes à un risque accru de cancer des ovaires. Mais le scénario n’est pas clair, car d’autres résultats suggèrent que les femmes qui boivent du lait écrémé ou allégé encourent un moindre risque de développer un tel cancer."
Le Dr LAW a précisé qu’une étude très importante, concernant 500 000 personnes, était en cours pour tenter de déterminer l’impact des aliments sur l’apparition du cancer.
"Il nous faut en savoir plus sur les aliments spécifiques qui aggravent le risque de cancer : en attendant, il est important de mettre l’accent sur la nécessité d’avoir un régime équilibré avec beaucoup de fruits et de légumes frais."
On répertorie chaque année, en Grande-Bretagne, environ 6 700 femmes atteintes d’un cancer des ovaires.
© BBC MMV
Claude SIMON
PhD, Nutritionniste, Praticien Shiatsu
http://www.energyharmony.org/franca...
"Le lait est aussi mauvais que le tabac" - Press Association
L’article original "Milk as bad as tobacco says scientist" fut publié par Press Association, le Mercredi 17 Mars 2004.
Traduction par Claude Simon
Les gens devraient éviter le lait et le fromage autant que le tabac, a déclaré une scientifique.
Le Professeur Jane Plant dit qu’il existe des preuves très claires pour affirmer que les produits laitiers favorisent le cancer du sein chez les femmes et de la prostate chez les hommes.
Invitée à une conférence sur l’alimentation et le cancer, elle a affirmé : "Je conseille à quiconque de ne pas consommer de produits laitiers sous aucune forme que ce soit. Il faut les supprimer complètement."
Le best-seller du Professeur Plant, "Votre Vie entre vos Mains" (Your Life in Your Hands), est sorti l’an dernier. Elle vient d’en écrire un autre qui paraît en Mai 2004, "Le cancer de la prostate - Comprendre, Prévenir et Guérir".
Le Professeur Plant a compris la relation entre cancer et produits laitiers après que les spécialistes lui aient donné deux mois à vivre à cause d’un cancer du sein qui s’était propagé aux glandes lymphatiques. Elle s’est demandée pourquoi, dans les campagnes chinoises où les paysans ne consomment pratiquement pas de produits laitiers, les cancers du sein étaient si rares.
Après avoir supprimé complètement les produits laitiers, elle remarqua une amélioration considérable de son état. En cinq semaines, l’énorme tumeur logée dans son cou se mit à la démanger, puis ramollit et finalement disparaître totalement.
Dix ans plus tard, à l’âge de 60 ans, elle est complètement guérie, bien qu’elle ait souffert de cinq cancers du sein.
Ses recherches ont démontré le rôle des facteurs de croissance dans le développement des cancers, comme l’IGF-1 (Insulin-like Growth Factor type 1) présent dans le lait. L’IGF-1 est naturellement contenu dans le lait de vache, mais sa concentration a augmenté suite aux croisements et modifications génétiques pour augmenter les rendements de l’industrie laitière.
Il existe un lien très clair entre le niveau de IGF-1 dans le sang d’un homme et le niveau de PSA. Le PSA, ou antigène prostatique spécifique, est un marqueur de protéine qui augmente avec le cancer de la prostate.
En outre, l’excédent de calcium dans le lait et les produits laitiers inhibe l’activité de la vitamine D qui aide le corps à se protéger du cancer du sein et de la prostate, a ajouté le Professeur Plant.
© Copyright Press Association Ltd 2004, tous droits réservés
Claude SIMON
PhD, Nutritionniste, Praticien Shiatsu
http://www.energyharmony.org/franca...
Guérir le cancer du sein en éliminant les produits laitiers - Daily Mail
Professeur Jane Plant, PhD,CBE : "Guérir le cancer du sein en éliminant les produits laitiers" - L’original de l’article "Cure breast cancer by avoiding all milk products" fut publié dans le journal Daily Mail, le 27 mai 2000
Traduction par Claude Simon
Pourquoi je crois que la clé de la victoire contre le cancer du sein se trouve dans l’abandon des produits laitiers.
Le Professeur Jane Plant est une épouse, une mère, et un savant partout respecté, qui a été décorée de la médaille de Commandeur de l’Empire Britannique (CBE) pour ses travaux dans le domaine de la géochimie. Lorsqu’elle fut atteinte d’un cancer du sein en 1987 à l’âge de 42 ans, sa vie heureuse et productive semblait vouée à la désintégration. Mais en dépit de quatre rechutes, Jane refusa toujours d’abandonner. Comme elle le décrit dans un nouveau livre plein d’espoir, Votre Vie entre vos Mains, publié dans le Daily Mail cette semaine, elle a conçu un régime et un style de vie révolutionnaires qui d’après elle lui ont sauvé la vie, et peuvent éviter à d’autres femmes de tomber dans les affres de la maladie.
Sa théorie reste controversée, mais toutes les femmes devraient lire son livre et se faire sa propre opinion. Aujourd’hui elle nous explique son exploit personnel...
" Je n’avais pas le choix : soit je mourais, soit j’essayais de trouver un moyen de guérir. Je suis une scientifique : il devait sûrement y avoir une explication rationnelle à cette maladie cruelle qui frappe une femme sur 12 au Royaume-Uni.
J’avais déjà perdu un sein et subi un traitement de rayons. J’étais alors traitée par chimiothérapie, très douloureuse, et j’avais consulté les plus éminents spécialistes du pays. Mais au fond de moi-même je savais que j’étais en train de mourir.
J’avais un mari qui m’aimait, une belle maison et deux jeunes enfants à m’occuper. J’avais désespérément envie de vivre. Heureusement ce désir me donna la force d’aller découvrir des faits qui, pour certains, n’étaient connus à l’époque que d’une poignée d’experts.
Tous ceux qui ont été en contact avec la maladie savent que certains facteurs de risque sont incontrôlables, comme l’âge, une puberté précoce, une ménopause tardive, et des antécédents dans la famille. Mais beaucoup d’autres facteurs de risque peuvent être facilement contrôlés. Le contrôle de ces facteurs de risque peut se traduire concrètement en changeant de simples habitudes quotidiennes pour nous aider à éviter, ou guérir, le cancer du sein. Ce que je veux dire c’est que même un cancer du sein très avancé peut être vaincu parce que je l’ai fait.
La première clé pour comprendre ce qui favorisait mon cancer est venue au retour de mon mari Peter, qui était également un scientifique, d’un voyage d’études en Chine, alors que j’entamais une chimiothérapie.
Il m’avait rapporté des cartes et des lettres, et aussi d’étonnants suppositoires à base de plantes, envoyés par mes amis et confrères de Chine.
Les suppositoires étaient un remède contre le cancer du sein. Malgré l’horreur de la situation, nous avons bien ri lorsque j’ai dit que si c’était le remède pour le cancer du sein en Chine, pas étonnant si les chinoises évitent de l’attraper ! Et ces mots ont résonné dans ma tête. Pourquoi est-ce que les chinoises ne souffrent pas du cancer du sein ? J’avais un temps travaillé avec des collègues chinois à une étude des relations entre la maladie et la chimie du sol, et je me souvenais de quelques chiffres.
La maladie est pratiquement inexistante dans toute la Chine. En Chine seulement une femme sur 10 000 meurt d’un cancer du sein, comparé à une sur 12 en Grande-Bretagne et une sur 10 en moyenne dans les pays occidentaux.
Ce n’est pas seulement une question de ruralité, avec moins de pollution. Dans la grande ville de Hong-Kong, le taux monte à 34 pour 10 000 mais reste loin du triste record de l’occident.
Les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki montrent des taux similaires, malgré les attaques subies par armes nucléaires. On aurait pu s’attendre à trouver des conséquences de cette pollution radioactive en plus des cancers liés à la pollution urbaine. La conclusion de ces statistiques nous a frappé brutalement. Si une femme occidentale allait vivre dans la ville industrielle et irradiée d’Hiroshima, elle diviserait par deux son risque de contracter un cancer du sein.
C’est évidemment absurde. Il me sembla évident qu’un facteur de style de vie, sans lien avec la pollution, l’urbanisation ou l’environnement, augmente beaucoup le risque pour les femmes d’occident de contracter un cancer du sein.
J’ai ensuite découvert que la raison des énormes différences du taux de cancer du sein entre les femmes d’extrême orient et celles de l’occident n’est pas d’origine génétique. Plusieurs études scientifiques ont montré que lorsque les chinois ou les japonais viennent vivre en occident, au bout d’une ou deux générations la fréquence des cancers du sein se rapproche de celle de leur communauté d’adoption.
Même chose lorsque les orientaux adoptent un style de vie occidental à Hong-Kong. De fait le mot d’argot qui désigne le cancer du sein veut dire "la maladie des femmes riches". Car en Chine, seuls les gens les plus aisés peuvent se payer ce qu’on appelle là-bas "la nourriture Hong-Kong".
Les chinois appellent toute la nourriture occidentale, depuis les crèmes glacées et les barres de chocolat jusqu’aux spaghettis et au feta, "nourriture Hong-Kong", à cause de son abondance dans l’ancienne colonie britannique et sa rareté en Chine continentale.
Donc c’était tout à fait plausible que la cause de mon cancer du sein, et sa fréquence effrayante dans notre pays en général, avait sans aucun doute un lien avec notre style de vie aisé en occident.
C’est un point important pour les hommes également. J’ai observé dans mes travaux que les données sur le cancer de la prostate mènent aux mêmes conclusions.
D’après les chiffres de l’OMS, le nombre d’hommes atteints d’un cancer de la prostate dans les campagnes chinoises est négligeable (seulement 0,5 pour 100.000 ), alors qu’en Grande Bretagne le chiffre est 70 fois plus élevé. Comme le cancer du sein, c’est une maladie des classes moyennes qui affecte principalement les groupes les plus aisés, ceux qui ont les moyens de manger des nourritures riches.
Je me souviens avoir dit à mon mari : "Allons, Peter, tu reviens de Chine, alors qu’est-ce qui est si différent dans le mode de vie des chinois. Pourquoi n’ont-ils pas de cancer du sein ?"
Nous avons décidé de mettre en commun nos expériences scientifiques pour approcher le problème de façon logique. Nous avons regardé les données qui concernaient les graisses dans l’alimentation.
Les chercheurs ont trouvé dans les années 80 que les chinois en moyenne tirent seulement 14% de leurs calories des graisses, comparé à 36% en occident. Mais mon alimentation depuis des années, bien avant que je ne tombe malade, était pauvre en graisses et riche en fibres. En outre, je savais, en tant que scientifique, que la quantité de graisses ingérée par les adultes n’augmentait pas le risque de cancer du sein dans la plupart des études qui avaient suivi de nombreuses femmes pendant une douzaine d’années.
Puis un jour, il se produisit quelque chose de spécial. Peter et moi avions travaillé ensemble depuis tant d’années que je ne sais pas qui a dit le premier : " Les chinois ne mangent pas de produits laitiers ! "
Il est difficile d’expliquer aux non-scientifiques l’excitation soudaine à la fois intellectuelle et émotionnelle qu’on ressent lorsqu’on fait une découverte importante. C’est comme si vous aviez un tas de pièces d’un jeu de patience dans votre tête, et que soudain elles s’arrangent en quelques secondes en une image claire.
Alors je me suis souvenue qu’un grand nombre de chinois ne tolèrent pas le lait, que beaucoup de chinois que j’avais rencontrés m’avaient toujours dit que seuls les bébés devraient boire du lait, et qu’une de mes amies, d’origine chinoise, avait toujours refusé poliment les plats de fromage aux repas. Je ne connaissais aucun chinois vivant un style de vie traditionnel qui utilisait des produits laitiers (de vache ou autre) pour nourrir leurs bébés. La tradition était d’utiliser une nourrice pour allaiter, mais jamais de produits laitiers. Les chinois trouvent notre attraction vers le lait et les produits laitiers très étrange.
Je me souviens d’une réception organisée pour une délégation de savants chinois peu après la fin de la Révolution Culturelle dans les années 80. Sur les conseils du Ministère des Affaires Etrangères, nous avions demandé au traiteur de servir un gâteau contenant beaucoup de crème glacée. Après s’être renseigné sur les ingrédients, tous les chinois présents, interprète compris, refusèrent poliment mais clairement de manger ce dessert, et rien ne put les faire changer d’avis. À l’époque, nous étions ravis de nous servir une deuxième portion !
J’ai découvert ensuite que le lait est l’une des causes principales des allergies alimentaires. Plus de 70% de la population mondiale est incapable de digérer le sucre du lait, le lactose, ce qui conduit les nutritionnistes à croire que c’est en fait un état normal pour les adultes, et non une sorte d’insuffisance. La nature essaie peut-être de nous dire que cette nourriture n’est pas faite pour nous.
Avant mon premier cancer du sein, je mangeais beaucoup de produits laitiers : du lait écrémé, du fromage allégé et des yaourts. C’était ma principale source de protéines. Je mangeais aussi de la viande hachée, maigre et pas chère, qui venait certainement de viande de vaches laitières. Pour faire face à la chimiothérapie du traitement de mon cinquième cancer, je mangeais des yaourts bios pour aider mon appareil digestif à guérir et reconstituer une faune de " bonnes " bactéries.
Récemment, j’ai découvert que les yaourts étaient déjà soupçonnés de causer le cancer des ovaires en 1989. Le Dr Daniel Cramer, de l’Université de Harvard, a analysé les cas de centaines de femmes atteintes de cancer des ovaires, et leur avait demandé d’écrire en détail tout ce qu’elles mangeaient. J’aurais bien aimé être au courant de ces travaux à l’époque.
Après la découverte que Peter et moi avions faite sur le régime des chinois, je décidais d’abandonner immédiatement pas seulement les yaourts mais tous les produits laitiers. Les fromages, le beurre, le lait, les yaourts et tout ce qui contenait des produits laitiers : je m’en suis débarrassée dans l’évier ou dans la poubelle. C’est vraiment étonnant de voir combien de produits - soupes, biscuits, gâteaux, etc., contiennent des produits laitiers. Même de nombreuses marques de margarine, présentées comme " de soja, de tournesol ou d’olive " peuvent contenir des produits laitiers. Je me suis mise à lire attentivement les moindres informations sur les emballages alimentaires.
Jusqu’alors, j’avais régulièrement mesuré et enregistré l’évolution de ma cinquième tumeur avec un compas à calibrer. Malgré les encouragements et soutiens positifs des docteurs et infirmières, mes observations me révélaient la vérité brutale. Les premières séances de chimiothérapie n’avaient eu aucun effet : la tumeur ne diminuait pas.
Puis j’ai éliminé les produits laitiers. En quelques jours, la tumeur a commencé à rétrécir. Une semaine plus tard, la boule dans mon cou se mit à me démanger, puis elle devint plus molle et plus petite. Le graphe de mes enregistrements qui était resté stable, commençait nettement à descendre : la tumeur rétrécissait régulièrement.
Et, très nettement, le graphe ne suivait pas une courbe asymptotique, comme elle est censée faire pour le cancer, mais une ligne bien droite qui se dirigeait vers le zéro du graphe, indiquant une guérison, et non une disparition (ou rémission) de la tumeur.
Un samedi après-midi, environ six semaines après le début de mon régime sans produits laitiers, je fis une heure de méditation. À la fin, je palpai l’endroit où se trouvait la tumeur : je ne la sentais plus.
Pourtant j’avais l’habitude de détecter les tumeurs, et j’avais moi-même découvert mes cinq cancers. J’ai alors demandé à mon mari de palper mon cou. Il n’a pas trouvé de trace de grosseur non plus.
Le jeudi suivant je devais voir mon cancérologue à l’Hôpital Charing Cross à Londres. Il m’examina entièrement, surtout le cou, à l’endroit de la tumeur. Il fut d’abord étonné, puis ravi en m’annonçant "Je ne la trouve pas". Aucun de mes docteurs, apparemment, ne s’attendait à ce que quelqu’un avec mon type de cancer très avancé, étendu au système lymphatique, puisse survivre, et encore moins être en si bonne forme. Mon spécialiste était aussi content que moi. Lorsque j’ai commencé à lui parler de mes idées, il était sceptique naturellement. Mais je sais que maintenant il utilise dans ses cours des cartes montrant la mortalité des cancers en Chine, et recommande un régime sans produits laitiers à ses patient .
Je suis maintenant convaincue que le lien entre les produits laitiers et le cancer du sein est de même nature que le lien entre le tabac et le cancer du poumon. Je suis convaincue que la découverte du lien entre cancer du sein et produits laitiers, et l’adoption du régime spécifique pour conserver la santé de mes seins et de mon système hormonal, m’ont guérie.
Cela m’a été difficile, comme cela peut l’être pour vous, d’accepter qu’une substance aussi " naturelle " que le lait puisse avoir un tel impact dramatique sur la santé. Mais je suis la preuve vivante que c’est le cas, et j’ai décidé de révéler les secrets de mon plan d’action révolutionnaire.
Extrait de " Your life in your hands ", du Professeur Jane Plant, publié chez Virgin, ©Jane Plant 2000
Claude SIMON
PhD, Nutritionniste, Patricien Shiatsu
http://www.energyharmony.org/franca...
Les preuves qui révèlent les dangers cachés dans un verre de lait - Daily Mail
L’original de l’article "Evidence that reveals the dangers lurking in a pinta " fut publié dans le journal Daily Mail, le 27 mai 2000 - Il fait suite à l’article : "Guérir le cancer du sein en éliminant les produits laitiers"
Traduction par Claude Simon
Le professeur Jane Plant est convaincue que les produits laitiers peuvent provoquer des cancers à cause de la composition chimique complexe du lait. Tous les laits, humains ou d’autres mammifères, transportent des centaines de composants chimiques.
Le lait est une solution biochimique puissante spécifiquement conçue pour convenir aux besoins des jeunes de la même espèce. Pr. Plant : " Il ne faut pas croire que le lait de vache n’est pas bon. C’est un aliment merveilleux - pour les bébés vaches. Il est très différent du lait humain d’un point de vue nutritionnel. Il contient trois fois plus de protéines et beaucoup plus de calcium.
Le lait du sein, comme le lait de vache, contient des éléments chimiques conçus pour jouer un rôle important dans le développement des petits. C’est le cas du facteur de croissance insuline, ou IGF-1, qui provoque la division et la reproduction des cellules.
IGF-1 est biologiquement actif chez les humains, surtout pendant la puberté en période de croissance rapide. Il stimule la croissance des seins chez les jeunes filles. Pendant la grossesse, il est à nouveau à un haut niveau, accompagné par l’action des hormones prolactine et œstrogène, favorisant l’élasticité des tissus des seins et stimulant la production de cellules lactifères pour préparer l’allaitement.
Bien que la concentration et les sécrétions de ces hormones dans le sang soient faibles, elles exercent une influence très puissante sur le corps. Toutes ces hormones sont présentes dans le lait de vache. IGF-1 est identique dans le lait humain et dans le lait de vache, mais à des concentrations beaucoup plus importantes dans le lait de vache. On le trouve aussi dans la viande de vaches laitières (d’où provient la majeure partie du " bœuf " vendu aux consommateurs - n.d.t.).
On pense maintenant que cette forte concentration de IGF-1 chez les humains constitue un facteur de risque de cancer du sein et de la prostate. En 1998 une étude chez des femmes en pré-ménopause a révélé que celles qui avaient un haut niveau de IGF-1 dans le sang couraient trois fois plus de risque de contracter un cancer du sein que celles qui avaient un niveau bas. Chez les femmes de moins de 50 ans, le risque était multiplié par sept !
D’autres études ont montré que de hauts niveaux de IGF-1 dans le sang chez un homme est un indicateur fiable d’un cancer de la prostate. Il est intéressant de remarquer que les récents efforts pour augmenter la production de lait, augmente en même temps le niveau de IGF-1 chez la vache. Est-ce que l’IGF-1 du lait et de la viande de vache peut s’accumuler chez les humains pendant des années et provoquer la division aberrante des cellules ? Bien que nous produisions notre propre IGF-1, les surplus que nous ingérons avec les produits laitiers pourraient-ils provoquer des cancers ?
Jane Plant savait déjà que le médicament Tamoxifen, utilisé dans le traitement des cancers du sein doit son efficacité au fait qu’il abaisse le niveau d’IGF-1 dans le sang.
IGF-1 n’est pas détruit par la pasteurisation, mais les critiques prétendent qu’il est détruit par la digestion et désactivé. Jane croit que la protéine principale du lait, la caséine, empêche cette désactivation, et que l’homogénéisation, qui empêche le lait de se séparer de la crème, pourrait accroître le risque de niveaux élevé dans le sang d’hormones et autres éléments chimiques qui favorisent le développement de cancers. Elle pense aussi qu’il existe d’autres éléments dans le lait de vache responsables d’envoyer des messages confus aux cellules humaines adultes. La prolactine, qui stimule la production de lait chez la vache, pourrait avoir un effet similaire sur les cellules du sein, et déclencherait le même type de mécanisme chez la femme : les cellules seraient alors embrouillées et stressées, et feraient des erreurs en dupliquant leur propre ADN. De fait, plusieurs études ont confirmé que la prolactine favorise la croissance in vitro de cellules prostatiques cancéreuses.
Une autre hormone, l’œstrogène, considérée comme un des principaux facteurs de risque du cancer du sein, est présent dans le lait en petites quantités. Mais même de très petites quantités d’hormones sont capables de provoquer de sévères dégâts biologiques. Des quantités microscopiques d’œstrogène dans nos rivières sont suffisamment puissantes pour que les poissons mâles changent de sexe. Même si l’œstrogène dans le lait ne constituait pas une menace directe aux cellules, il peut tout à fait stimuler l’expression de l’IGF-1 qui, à la longue, provoquera l’apparition d’une tumeur.
Jane Plant a rencontré de plus en plus de soutien pour ses théories parmi les cancérologues. Elle souligne qu’elle ne s’attaque pas aux approches plus traditionnelles. Elle souhaite que son programme diététique complémente, et non remplace, les meilleures thérapeutiques de la médecine conventionnelle.
Claude SIMON
PhD, Nutritionniste, Praticien Shiatsu
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Le lait est-il potentiellement mortel ? - The Irish Times
La discussion : "Régime sans produits laitiers et cancer du sein et du colon" (Dairy-free diet and breast/colon cancer) fut envoyé par Leslie Dungan sur le forum du The Irish Times, le 19 juin 2000 - cette discussion fait suite à l’article du Professeur Plant : "Guérir le cancer du sein en éliminant les produits laitiers"
Traduction par Claude Simon
Y a-t-il des personnes qui peuvent apporter des témoignages pertinents à l’approche du Professeur Plant ? La scientifique britannique Jane Plant, qui croit que son régime sans produits laitiers l’a guérie d’un cancer du sein.
Vous êtes tentés par un gâteau à la crème. Vous résistez en pensant à toute cette graisse qui va encrasser vos artères. Et vous optez pour un yaourt allégé à la place, avec du lait écrémé dans votre thé. Vous êtes contents de vous : vous avez réussi à vous contrôler. Pas si sûr ! D’après les révélations d’un nouveau livre sur le cancer du sein (qui tue plus de 600 femmes par an en Irlande), tous les produits laitiers, allégés ou non, devraient être immédiatement éliminés de tous les menus. (Ils sont aussi responsables des cancers de la prostate, donc tout le monde est concerné).
Le Professeur Jane Plant, CBE, auteur du livre "Votre vie dans vos mains" (Your life in your hands), a contracté un cancer du sein il y a 13 ans. Elle avait alors 42 ans ; elle était déjà connue comme géochimiste (elle est maintenant Directrice de la Recherche à la Société Britannique d’Etudes Géologiques), et menait, pensait-elle, une vie saine. Il n’existait aucun antécédent de cancer du sein dans sa famille. Elle découvrit que "seuls 10% des cancers du sein apparaissent dans des contextes héréditaires, et que la maladie ne se déclenche pas toujours, même chez les personnes qui portent les gènes mutants ". Perturbée et paniquée par le jargon, elle s’appuya sur sa formation scientifique pour essayer de comprendre comment la maladie était apparue chez elle, et comment se soigner.
Elle adopta le "régime de Bristol", subit une mastectomie, suivit un traitement de radiothérapie, subit une irradiation des ovaires pour déclencher la ménopause et éliminer les œstrogènes, elle posa beaucoup de question et fit de nombreuses recherches. Sans résultats.
À la cinquième résurgence du cancer, qui avait atteint les glandes lymphatiques, on lui administra des séances de chimiothérapie en lui annonçant qu’elle n’avait plus que trois mois à vivre. Elle avait une tumeur dans le cou de la taille d’un œuf de poule.
Au cours d’une discussion avec son mari, également scientifique, sur les raisons de la fréquence des cancers du sein en occident (une femme sur 10, 1 sur 14 en Irlande, alors qu’en Chine seule une femme sur 10 000), ils en vinrent à une conclusion simple : les chinois ne mangent pas de produits laitiers.
Jane Plant élimina alors tous les produits laitiers, y compris de chèvre et de brebis, de son alimentation. La tumeur avait disparu six semaines plus tard.
Lorsque je l’ai rencontrée, j’ai vu une femme pleine de jeunesse d’une cinquantaine d’années, qui buvait du thé à la menthe pour accompagner un sandwich au thon - sans beurre ni mayonnaise. Elle a conservé son régime sans produits laitiers et est complètement guérie du cancer.
L’abandon des produits laitiers constituait seulement une partie du régime qu’elle suivait pendant sa maladie. Elle prenait également de l’acide folique et du zinc, buvait de l’eau filtrée, et ne consommait jamais de produits qui avaient été enveloppés dans du plastique (les phtalates, composés chimiques carcinogènes, sont libérés des films plastiques mous dans la nourriture qu’ils touchent).
En dépit de tous ses efforts, ce n’est qu’après avoir abandonné les produits laitiers que son cancer disparut. Soixante trois femmes qui avaient un cancer du sein sont venues la voir, et elles ont toutes guéri après avoir éliminé les produits laitiers.
Alors comment les produits laitiers, tant aimés et adulés par les britanniques, sans parler des américains dont le régime en contient 40%, peuvent-ils avoir des effets si néfastes ? - Le lait est un aliment parfait pour le bébé mammifère. Il ne peut pas manger la nourriture des adultes et il dépend entièrement du lait pour le développement et la différenciation des cellules de son corps. Mais le lait contient un élément chimique puissant - le facteur de croissance insuline ou IGF-1 - qu’on trouve naturellement chez les filles pubères car il favorise le développement des seins. Mais cette substance chimique, conçue pour stimuler la croissance, peut envoyer les mauvaises informations aux cellules des seins adultes ".
Jane Plant cite des travaux de recherche réalisés au Canada et aux USA en 1998 : les femmes non ménopausées avec les plus fortes concentrations de IGF-1 dans le sang encourent un risque beaucoup plus élevé de contracter un cancer du sein (tout comme les hommes pour le cancer de la prostate). Le médicament Tamoxifen, qu’on donne aux femmes atteintes d’un cancer du sein, agit, semble-t-il, en réduisant le taux de IGF-1 dans le sang.
" Plus de 70% de la population mondiale ne digère pas le sucre du lait, le lactose, ajoute-t-elle. L’intolérance au lactose pourrait être le signal d’alarme de la nature : peut-être la nature essaie-t-elle de nous dire que cet aliment n’est pas fait pour nous. " L’homogénéisation apparemment permet seulement aux éléments chimiques cancérigènes de passer plus vite dans le sang.
J. Plant a étudié le problème : "Les études épidémiologiques ont montré une corrélation positive entre la consommation de produits laitiers et le cancer du sein depuis une vingtaine d’années. Les chercheurs ont trouvé une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes qui consomment du lait (surtout le lait entier) et/ou du fromage. En 1977, une étude scientifique sur l’incidence des cancers du sein au Japon a trouvé "une augmentation significative à la fois de la consommation de produits laitiers et des cancers du sein dans les agglomérations urbaines ". D’autres études suggèrent que les "œstrogènes libres", qu’on trouve dans le lait pasteurisé et dans le lait écrémé, peuvent favoriser l’expression de IGF-1 qui à son tour favorise à long terme le développement de tumeurs. Elle cite aussi les dioxines et d’autres éléments chimiques très toxiques, certains cancérigènes, souvent solubles dans les graisses, qu’on trouve " en concentration particulièrement élevée " dans le lait.
En ce qui concerne l’argument qui prétend que nous avons besoin des produits laitiers parce qu’ils contiennent du calcium, Jane Plant cite les travaux de l’OMS qui ont démontré qu’il n’y a pas plus de cas d’ostéoporose dans les pays qui consomment peu de calcium via les produits laitiers : "Les études scientifiques ont montré que seulement 18 à 36 % du calcium contenu dans le lait est assimilé par le corps".
Maintenant que la démonstration est faite, que devons-nous manger à la place ? Plant recommande le lait de soja, les infusions, le houmous, le tofu, les noix et les graines, les poissons sauvages, les œufs biologiques, et les viandes maigres (mais pas la viande hachée qui vient souvent des vaches laitières), et beaucoup de fruits et légumes biologiques (en salades, jus ou à la vapeur).
Mais comment "madame tout le monde" peut trouver le temps et l’énergie nécessaire pour acheter et préparer une telle nourriture ? Ce à quoi Jane Plant répond "Votre priorité doit être la bonne nourriture, pas de la tambouille. Donnez la priorité aux aliments biologiques. Votre santé est plus importante qu’une nouvelle voiture. En tout cas, ce n’est pas si cher, car je n’achète jamais de conserves ni de plats cuisinés, qui sont très chers."
Son mari et leurs deux enfants n’ont eu aucun problème à s’adapter à son régime. Et elle arrive à le suivre même dans ses fréquents déplacements professionnels. Elle donne beaucoup de tuyaux dans son livre pour les voyages (lait de soja en poudre, des sachets de tisanes, des comprimés d’algues pour l’iode, etc.).
Elle va commencer un nouveau livre, un guide pour femmes actives qui veulent rester en bonne santé. Elle conseille de s’examiner soigneusement et fréquemment les seins, et de travailler avec son docteur "comme partenaire, et non comme victime".
Elle n’est pas une fan de la philosophie de Louise Hay Vous pouvez guérir votre vie. "Je crois aux pensées positives, mais je suis aussi une scientifique, et je cherche des explications rationnelles. J’ai des amies qui souffrent de maladies comme la sclérose en plaques et qui ont lu les livres de Hay, mais elles se sentent coupables car elles n’arrivent pas à adapter leur attitude mentale ; ou, si elles se sont adaptées, et si la maladie ne régresse pas, elles angoissent."
Jane Plant, qui est partisane de l’acuponcture, a des opinions variées sur les médecines alternatives. Elle se méfie de l’aromathérapie, a trouvé que la visualisation ne marche pas, mais a puisé beaucoup de réconfort dans la thérapie cognitive et dans l’hypnothérapie, qui l’ont aidé à réduire le stress et l’angoisse causés par le cancer.
Dans l’ensemble, cependant, c’est sa recherche professionnelle de géochimiste sur les liens entre la maladie et les oligoéléments (comme le sélénium) dans l’environnement en Chine et en Corée qui l’ont menée à penser au rôle des produits laitiers dans son cancer. Elle trouve que la profession médicale est particulièrement bornée en ce qui concerne l’influence des facteurs environnementaux, comme la pollution et l’industrialisation, sur la maladie : " Je pense que la santé publique a fait beaucoup pour éradiquer les maladies infectieuses, mais regarder de près l’environnement et la nutrition pourrait faire de même pour les maladies dégénératives. "
Jane Plant a écrit son livre "Votre Vie entre Vos Mains" pour sa fille Emma, qui a maintenant 25 ans. L’adolescence d’Emma fut hantée par la peur de voir sa mère mourir. " Le titre original du livre était Ce que ma fille doit savoir, se souvient Plant. Les 63 femmes qui ont suivi mon régime et ont guéri de leur cancer m’ont encouragé à publier le livre. Je n’étais pas très chaude au début : je savais que j’allais me faire tirer dessus, parce qu’en science il faut souvent nager à contre-courant.
Mais moralement, je savais que j’avais fait le travail et je possédais les informations, et je devais les partager avec les autres. Les hommes et les femmes ont le droit de savoir ce que je sais : à eux d’en tirer leurs propres conclusions.
" Votre Vie entre Vos Mains ", par Jane Plant est publié par Virgin.
Leslie Dungan, Dublin
Pour en savoir plus
Voir aussi le site de la fondation BCUP (Breast Cancer Understanding & Prevention), fondée par Jane Plant, CBE, pour promouvoir une plus large compréhension des causes du cancer du sein. BCUP est une organisation sans but lucratif et reconnue d’utilité publique en Grande Bretagne.
Le Professeur Jane Plant est l’une des scientifiques les plus distinguées du Royaume Uni. Elle a obtenu de nombreuses récompenses scientifiques, et l’an dernier s’est vue attribuer la plus haute distinction britannique pour la science, le Prix Lord Kilgerran.
Claude SIMON
PhD, Nutritionniste, Praticien Shiatsu
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Vaches et monstruosités de l’industrie laitière - The Guardian
Article « Dairy monsters » par Anne Karpf, publié dans The guardian, le 13/12/2003 - Traduction : Tania Ricci
Il nous apparaît comme une évidence que le lait est bon pour la santé. Mais l’industrie laitière est à présent confrontée à une crise, et le public commence à mettre en doute cette évidence. Dans quelle mesure le lait est-il bon pour la santé ? Anne Karpf mène l’enquête.
Le lait bénéficierait-t-il d’une protection divine ? Dans le cas contraire comment aurait-il pu maintenir cette image immaculée, en dépit du flot de preuves démontrant le contraire ? Blanc, donc pur, naturel, essentiel pour l’équilibre alimentaire : le lait semble être plus un élément qu’un produit, comme s’il était la nature dans une brique en carton. Alors que la réputation d’autres denrées alimentaires d’origine animale s’est effondrée, celle du lait est restée relativement bonne. En effet, nombreux sont ceux qui sont persuadés mettre leur santé en danger en ne buvant pas de lait. Aux États-Unis, le lait est pratiquement devenu l’emblème national (la tarte aux pommes, à côté, n’a plus la cote).
Et pourtant, quelque chose se trame derrière le verre de lait. Les groupes de défense du bien-être animal, accaparés depuis si longtemps par les élevages de volailles et de bœufs, se sont mis à plaider la cause de la vache laitière. Le monde scientifique rejoint aussi cette tendance en affirmant que la consommation régulière de grandes quantités de lait peut être néfaste pour la santé, et les manifestants clament haut et fort qu’en Europe, l’industrie laitière intensive à grande échelle a des coûts environnementaux et internationaux non négligeables. Le lait sera-t-il au cœur de la confrontation entre les peurs liées à notre santé et les droits des animaux ?
L’idée que le lait de vache est l’aliment le plus complet à donner aux enfants est ancrée en nous : il représente la nourriture de base des enfants chétifs et le calcium liquide à fournir aux os avides. Notre endoctrinement laitier est si absolu qu’il faudrait vraiment un changement complet de point de vue pour envisager l’idée que le lait contribuerait à causer ces mêmes maladies qu’il est censé prévenir. Pourtant, déjà en 1974, le Comité de Nutrition de l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) avait répondu à la question : « Faudrait-il décourager la consommation de lait chez les enfants ? » (malgré sa formulation, la question semble hérétique) par « peut-être ».
Aujourd’hui, les preuves scientifiques allant à l’encontre de la consommation de lait sont innombrables, et insinuent non seulement que le lait provoque certaines maladies mais aussi, et c’est tout aussi accablant, qu’il ne parvient pas à en prévenir d’autres, pour lesquelles la tradition le considérait comme une panacée. Parallèlement, les propriétés salutaires du lait sont avancées tous les mois par de nouvelles déclarations ; 30 ans plus tard, l’AAP a changé d’opinion et préconise à présent des produits laitiers pour les enfants. Nous sommes au cœur d’une histoire de preuves et de contre-preuves, d’un mauvais élixir et des tentatives visant à lui restituer son éminence d’antan. D’énormes intérêts commerciaux, des modèles agricoles et des habitudes de consommation profondément ancrés sont en jeu - ainsi que notre santé.
Tout commence dès l’enfance. Frank Oski, ancien responsable du département de pédiatrie à la faculté de médecine Johns Hopkins, a démontré dans son livre Don’t Drink Your Milk ! [Ne bois pas ton lait !] que la moitié des carences en fer des nourrissons américains est causé par un ulcère intestinal induit par le lait de vache ; ce chiffre est stupéfiant, puisque plus de 15% des américains de moins de deux ans souffrent d’une anémie par manque de fer. Les nourrissons, semble-t-il, boivent tellement de lait (pauvre en fer) qu’il leur reste peu d’appétit pour les aliments contenant du fer ; parallèlement, le lait, en provoquant des ulcères gastro-intestinaux, est à la base d’un manque de fer.
L’industrie laitière reconnaît (tout comme Hippocrate) que certaines personnes sont allergiques au lait, mais en insinuant que le problème se situe au niveau de la constitution anormale de l’individu, et non au niveau du lait lui-même. Pourtant, en y regardant de plus près, l’étendue de l’intolérance au lactose est colossale. Le lactose est le sucre contenu dans le lait et doit être décomposé par l’enzyme appelée lactase, qui vit dans nos intestins. Si la quantité de lactose absorbée est plus importante que la quantité de lactase présente dans nos intestins, le lactose non digéré migre vers le gros intestin, où il fermente, produisant du gaz, du dioxyde de carbone et de l’acide lactique. Quel en est le résultat ? Ballonnements, crampes, diarrhée et flatulences. En 1965, une enquête menée à la faculté Johns Hopkins a révélé que 15% de toutes les personnes de race blanche et presque les trois-quarts des personnes de race noire ayant participé aux tests ne parvenaient pas à digérer le lactose. Le lait, semblait-il, était un problème ethnique, et dans le monde, la proportion de personnes incapables de digérer le lactose est encore plus importante et concerne la plupart des thaïlandais, des japonais, des arabes, des juifs ashkénazes et 50% des indiens.
D’après diverses études, il existe toute une série d’autres maladies pouvant être attribuées au lait de vache, dont le diabète. Un rapport datant de 1992 et publié dans le New England Journal of Medicine corrobore une théorie de longue date selon laquelle les protéines présentes dans le lait de vache peuvent entraver la production d’insuline chez les personnes ayant une prédisposition génétique au diabète. L’industrie laitière exclut cette éventualité en la qualifiant de « simple théorie », ainsi que de « mythe » et de « théorie controversée », terme attribué à presque toutes les études critiquant le lait.
Les groupes de pression militant contre le lait sont également d’avis que la consommation de produits laitiers peut aggraver la polyarthrite rhumatoïde et jouer un rôle dans l’apparition des coliques, de l’acné, des maladies cardiaques, de l’asthme, des lymphomes, du cancer des ovaires et de la sclérose en plaques. Depuis les années 1970, des études sérieuses établissant un lien entre le lait et le cancer de la prostate sont apparues, à l’apogée desquelles se trouvent les découvertes de la Harvard School of Public Health en 2000, qui ont révélé que les hommes consommant deux produits laitiers et demi par jour présentaient trois fois plus de risques d’avoir un cancer de la prostate que ceux ne consommant qu’un demi produit laitier par jour. La même année, T Colin Campbell, professeur émérite Jacob Gould Schurman de biochimie nutritionnelle à Cornell University, a affirmé que « la protéine du lait de vache est sans doute le seul cancérigène chimique le plus manifeste auquel sont exposés les êtres humains. »
Selon les partisans du lait, cette affirmation est scandaleuse. Ils ripostent à cette allégation en déclarant que le lait protège activement contre un grand nombre de maladies et réduit le risque d’hypertension et peut-être de calculs rénaux. Le lait, disent-ils, aide à reminéraliser l’émail des dents et peut avoir des propriétés anticancérigènes (en particulier contre le cancer du côlon). De plus, l’imposante Nurses’ Health Study de l’Université d’Harvard a révélé que les femmes en préménopause (mais pas les femmes ménopausées) consommant beaucoup de produits laitiers pauvres en matières grasses, tels que le lait écrémé, présentaient moins de risques d’avoir un cancer du sein. Une étude norvégienne est encore plus étonnante : elle porte sur des femmes en préménopause et démontre que celles buvant trois verres de lait par jour avaient 50% de chances en moins de développer un cancer du sein. Néanmoins, ne vous ruez pas trop vite sur votre verre de lait : une autre étude norvégienne a démontré que les personnes buvant trois-quarts de litre ou plus de lait entier par jour présentaient beaucoup plus de risques significatifs de développer un cancer du sein que celles qui en consomment des quantités plus modestes. C’est comme ça.
Comme c’est le cas avec le lait et le cancer, la recherche n’est absolument pas unanime quant au lien existant entre le lait et les graisses. Des études contestataires arrivent à des conclusions assez différentes. L’une d’entre elles révèle que les hommes écossais buvant du lait tous les jours présentent un risque légèrement inférieur d’avoir une maladie cardiaque que ceux qui n’en boivent pas. Parallèlement, le Honolulu Heart Study a mis en évidence que les hommes ne buvant pas de lait ont deux fois plus de risques d’avoir un incident vasculaire cérébral que ceux qui en boivent 450 ml par jour ; l’étude Caerphilly, quant à elle, démontre une réduction d’infarctus de presque 90% chez les gallois buvant au moins 500 ml de lait entier par jour.
Les critiques expliquent qu’il s’agit d’études modestes, au cours desquelles les facteurs génétiques et alimentaires, le sport et l’alcool peuvent fausser les effets de la consommation laitière. Toutefois, la même accusation ne peut-elle pas être étendue aux études révélant les conséquences néfastes du lait ? Non, répondent les critiques : ces études sont plus importantes, tiennent compte de facteurs opposés et arrivent toujours à démontrer le lien considérable existant entre les graisses saturées du lait et les facteurs de risque d’une mauvaise santé.
Pourtant, en admettant que le lait joue un rôle dans l’apparition de certaines maladies, aide-t-il vraiment d’une manière déterminante à en éviter d’autres ? « Après la première année de vie, » conclut Oski, « l’enfant n’a plus besoin de lait d’aucune sorte. L’enfant, tout comme les... adultes, peut vivre sans une seule goutte de lait de vache. » Une affirmation profane telle que celle-ci soulève de nombreuses questions. Qu’en est-il de l’ostéoporose et de nos besoins en calcium ? Il est bien connu que sans produits laitiers, nos os deviennent friables, fragiles, et nous risquons de nous retrouver à la merci d’une cyphose. Quelle coïncidence étonnante : au moment où a sonné l’alarme quant aux matières grasses contenues dans les produits laitiers, la peur de l’ostéoporose nous fait plonger à nouveau dans leur consommation.
Pour les détracteurs des produits laitiers, l’idée selon laquelle l’ostéoporose est due à une déficience en calcium est un grand mythe de notre époque. Chaque parti accuse l’autre d’affabulations. Mark Hegsted, ancien professeur en nutrition à l’université d’Harvard, maintenant retraité, a déclaré : « Supposer que l’ostéoporose est due à une carence en calcium revient à dire qu’une infection est due à une carence en pénicilline. » En fait, la perte osseuse et la détérioration des tissus osseux telles qu’elles surviennent dans des cas d’ostéoporose ne sont pas dues à une carence en calcium, mais plutôt à sa résorption : le problème ne réside pas dans le fait que notre corps ne reçoit pas assez de calcium, mais dans le fait qu’il excrète le surplus qu’il possède déjà. Il faut donc surtout déterminer ce qui détruit les réserves de calcium, à tel point qu’une femme sur trois en Angleterre souffre d’ostéoporose.
Une surconsommation de protéines est sans doute la raison la plus évidente à tout cela. Les aliments très riches en protéines, tels que la viande, les œufs et les produits laitiers, sollicitent énormément les reins, qui en retour, ponctionnent le calcium présent dans le corps. Voilà pourquoi la solution n’est pas d’augmenter notre apport en calcium, mais de réduire notre consommation protéinique, pour que nos os n’aient pas à céder autant de calcium. Curieusement, d’après ce tout nouveau point de vue plus critique, il ne fait presque aucun doute que les produits laitiers aident à provoquer, plutôt qu’à prévenir, l’ostéoporose.
Prenez cet exemple : les femmes américaines sont parmi les plus grandes consommatrices de calcium au monde et pourtant leur taux d’ostéoporose continue à être l’un des plus élevés au monde. De nombreux chercheurs ont tenté d’élucider la relation entre ces deux facteurs. Au cours d’une étude financée par le US National Dairy Council, par exemple, on a fait boire à un groupe de femmes ménopausées 230 ml de lait par jour pendant deux ans, et on a ensuite comparé leurs os à ceux du groupe témoin, dont les femmes n’avaient pas absorbé cette quantité de lait. Le groupe qui buvait du lait consommait 1400 mg de calcium par jour, et pourtant, voyait ses os se fragiliser deux fois plus vite que le groupe de contrôle. Parallèlement, le Harvard Nurses’ Health Study a révélé que les femmes consommant le plus de calcium à partir de produits laitiers étaient plus souvent victimes de fractures que celles ne buvant du lait que rarement. Une autre recherche a démontré que les femmes dont la plupart des protéines absorbées sont d’origine animale ont un taux de perte osseuse et de fracture de la hanche trois fois plus élevé que les femmes dont les protéines proviennent d’une source végétale, d’après une étude de 2001 des National Institutes of Health.
La comparaison entre régime alimentaire et fractures dans d’autres parties du monde est tout aussi révélatrice. La plupart des chinois ne consomment aucun produit laitier et leur calcium provient d’une source végétale. Or, tout en ayant une consommation de calcium deux fois moindre que celle des américains, l’ostéoporose est rare en Chine, en dépit d’une espérance de vie de 70 ans. En Afrique du sud, les femmes Bantu qui consomment principalement des protéines végétales et à peine 200 à 350 mg de calcium par jour ne sont pratiquement pas atteintes d’ostéoporose, bien qu’elles aient six enfants en moyenne et subissent des allaitements prolongés. Leurs congénères afro-américaines, qui ingurgitent en moyenne plus de 1000 mg de calcium par jour, voient leurs probabilités d’avoir une fracture de la hanche multipliées par neuf. Campbell est explicite : « L’association entre l’absorption de protéines animales et le taux de fractures semble être aussi prépondérante que celle entre la cigarette et le cancer du poumon. »
Presque aucune de ces découvertes scientifiques ne se retrouve dans les conseils nutritionnels traditionnels, qui continuent à mettre l’accent sur les besoins en calcium. En effet, le calcium est tellement recommandé aujourd’hui qu’il est même difficile d’avoir un régime alimentaire qui réussisse à suivre ces directives. Actuellement, l’AAP recommande, par exemple, cinq produits laitiers par jour pour les adolescents (essayez donc de les faire avaler par des adolescentes tourmentées par leur apparence).
Le débat autour du calcium est un casse-tête et l’insinuation selon laquelle l’American Dietetic Association et ses filiales britanniques sont à côté de la plaque en est une partie essentielle. Au lieu de recommander la consommation de plusieurs produits laitiers, il aurait mieux valu inciter les femmes, en particulier les adolescentes, à faire plus d’exercice. Une étude menée sur une période de 15 ans et publiée dans le British Medical Journal a révélé que la pratique d’une activité physique pourrait être la meilleure protection contre les fractures du col du fémur et qu’ « une consommation réduite de calcium alimentaire ne semble pas être un facteur de risque ». Parallèlement, des chercheurs de la Penn State University sont arrivés à la conclusion que la densité osseuse est affectée par l’activité pratiquée par les jeunes filles pendant de leur adolescence, c’est-à-dire au moment où se développe la moitié de leur masse osseuse. Les jeunes filles ayant participé à cette étude avaient des apports en calcium très variés, mais cela n’avait aucun effet durable sur leur santé osseuse. « Nous [avions] émis l’hypothèse qu’une plus forte absorption de calcium résulterait en une augmentation osseuse chez l’adolescent, » a déclaré un chercheur. « Il va sans dire que nous avons été surpris de voir notre hypothèse réfutée. »
Quelle est la réponse de l’industrie laitière à tout ceci ? Selon les américains, l’idée que l’excès protéinique expulse le calcium est controversée. Pour les anglais, c’est un mythe. Et que dire des chiffres révélant des taux élevés de fractures dans les pays consommant de grandes quantités de produits laitiers ? Eh bien, l’industrie laitière explique ce phénomène par le fait que dans l’hémisphère nord, il n’est pas possible de rester à l’extérieur assez longtemps pour permettre au corps de synthétiser la vitamine D, essentielle dans le processus d’absorption du calcium. Cette théorie est exacte : le rôle de la vitamine D est essentiel. Lors d’une étude faisant suite à la Nurses’ Health Study, il a été établi que le risque de fracture de la hanche chez les femmes ménopausées pouvait être réduit non pas en suivant un régime riche en lait ou en calcium, mais en consommant plus de vitamine D.
Le Conseil des industriels laitiers concorde avec le fait que les gens du nord, gros consommateurs de protéines et de calcium, sont victimes en permanence de fractures la hanche en raison de leur mode de vie sédentaire, c’est-à-dire qu’ils ne font pas assez d’exercice. Ils reconnaissent par là même, ce qui est remarquable, l’un des arguments fondamentaux des détracteurs des produits laitiers : peu importe la quantité de calcium ingurgitée, sans une activité physique adaptée et de la vitamine D, cela ne sert à rien. Le lait peut dire adieu à son rôle de grand protecteur des os !
À ce stade, le lecteur (à moins qu’il ne soit Bantu) doit être en train de désespérer. Que faut-il donc manger, surtout depuis le lait de soja est soupçonné d’avoir des effets indésirables, voire toxiques ? Ne faut-il plus rien manger, puisque tout rend malade ? Dans ce cas, ne vaut-il pas mieux manger n’importe quoi ? Pour la petite histoire, le calcium que l’on trouve dans les légumes à feuilles vertes semble assez bénin (attention tout de même aux pesticides) ; après tout, c’est à partir de là que les éléphants, les rhinocéros et de nombreux autres animaux fabriquent leurs os solides, ainsi qu’à partir de noisettes, de graines et de fruits secs. « Absurde ! », rétorque l’industrie laitière : il faudrait sept portions de brocolis cuits ou huit sacs de cacahuètes pour obtenir la même quantité de calcium qu’un verre de lait de 200 ml. Le lait n’est pas seulement très nutritif, il n’a besoin d’aucune préparation et se boit facilement, ce qui n’est pas négligeable pour les petits enfants et les personnes âgées.
Mais vu la mise en doute sérieuse des bénéfices du lait de vache, comment se fait-il que celui-ci fasse toujours partie de la tradition nutritionnelle et reste l’aliment de base des politiques gouvernementales ? L’une des raisons est historique. De mémoire d’homme, le rachitisme a toujours été largement généralisé. Vu les conditions de vie misérables de la classe ouvrière au début du siècle dernier, le lait semblait être un aliment indispensable et est donc devenu indissociable d’une bonne santé. La loi sur le lait de 1934, qui imposait à tous les enfants allant à l’école primaire la consommation de 200 ml de lait par jour pour le prix d’un demi penny, a ancré cette idée. Dès 1965, la plupart des écoliers anglais et gallois buvaient leurs 200 ml tous les jours. Lorsque, en 1971, Margaret Thatcher, alors ministre de l’éducation, a semé la polémique en décidant de supprimer le lait pour les enfants de plus de sept ans, elle a été largement critiquée et qualifiée de « voleuse de lait ». (Avec le recul, peut-être mérite-t-elle une certaine gratitude ?)
Pourtant 10 années plus tôt, l’étude Framingham Heart avait établi un lien entre une insuffisance coronarienne et un taux de cholestérol élevé et dès les années 1970, le Royal College of Physicians recommandait le remplacement des graisses saturées par des graisses polyinsaturées. Malgré cela, l’association lait-santé reste difficile à briser. Tim Lang, professeur en politique alimentaire à la City University, explique : « Les contradictions de cette politique sont un résidu des années 1940, lorsque les nutritionnistes pensaient, à raison, que le lait était un antidote à la pauvreté. Soixante ans plus tard, la science nutritionnelle est allée de l’avant, et la preuve fondamentale de l’impact des graisses saturées a été établie. »
Le désaccord fréquent entre la politique officielle du lait et les découvertes médicales réside, entre autres, dans le conflit inhérent au rôle du gouvernement, que ce soit en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Le département américain pour l’agriculture, par exemple, a deux fonctions, souvent incompatibles : promouvoir les produits agricoles et fournir des conseils alimentaires. En 2000, le gouvernement préconisait toujours trois produits laitiers par jour, provoquant ainsi la colère des critiques, tels que le Comité de Médecins pour une Médecine Responsable. Le Comité a déclaré que six sur les onze membres du panel préliminaire avaient des rapports étroits avec l’industrie de la viande, des œufs et du lait (5 d’entre eux avec l’industrie laitière).
La Grande-Bretagne n’est pas exempte non plus de conflits d’intérêt. Le gouvernement encourage fortement la population à consommer du lait. Le département pour l’environnement, l’alimentation et les affaires rurales (Defra) soutient à la fois l’industrie laitière et le Milk Development Council, responsable de la commercialisation générique du lait. Les Conseils de l’industrie laitière britannique et américaine sont tout aussi de parti pris ; en apparence, ils représentent la source d’information de la santé publique, mais sont en réalité des ramifications de l’activité laitière. Au Royaume-Uni, le National Dairy Council est la partie commerciale de l’industrie, fondée par des éleveurs, des confectionneurs, et des fabricants laitiers. Sur son site Internet se trouve l’ « information » suivante : « La consommation de trois produits laitiers par jour diminue de manière significative le taux de cholestérol et le risque d’insuffisance coronarienne. » Que l’industrie laitière fasse de la publicité n’est pas un crime ; ce qui est dérangeant, c’est qu’elle se fasse passer pour la source désintéressée d’informations incontestables.
C’est le changement radical de nos habitudes alimentaires qui a enflammé tout le débat. C’est vrai, on ne boit plus autant de lait qu’avant. Le britannique est passé de 115 litres par an en 1969 à 96 litres par an en 1993 ; en 2001, les chiffres avaient encore chuté. Mais l’industrie laitière se bat.
Pendant des années, les producteurs de lait ont pensé que leur produit était tellement essentiel qu’ils n’avaient pas besoin d’en faire la publicité - on ne fait pas la promotion de l’eau ou de l’air, après tout. Mais lorsque les ventes ont commencé à chuter en raison de la peur du cholestérol, en raison d’une plus grande fréquentation des restaurants et de la compétition des sodas et de l’eau en bouteille, ils se sont rendus compte qu’il était temps de changer les choses. A la poubelle, l’image de pureté du lait ; c’est une image branchée qui a pris sa place. Les grandes campagnes publicitaires ont revu et corrigé la position du lait. La première campagne avait pour slogan Got Milk ? [T’as du Lait ?], et a été lancée en Californie en 1993 ; elle montrait des personnalités et grands sportifs affublés d’une moustache de lait : Naomi Campbell, Serena Williams, Melanie Griffiths et toute l’équipe de Friends, tous arborant une moustache blanche. L’idée a migré en Grande-Bretagne, où la campagne The White Stuff [Le Truc Blanc] du National Dairy Council, lancée en 2000 (et co-subventionnée par le Defra) a modifié l’image démodée du lait. Cette campagne joue la carte du machisme (The White Stuff/ The Right Stuff ), en insinuant que les buveurs de lait sont aussi robustes que les héros de l’aviation, idée renforcée par la question du slogan, Are you made of it ? [En avez-vous ?] (du calcium et des os solides, bien sûr). L’implication de célébrités britanniques, telles que George Best et Chris Eubank a permis de relancer les ventes au Royaume-Uni.
Les Américains ont aussi tenté d’enrayer ce désintérêt pour le lait en proposant des laits aromatisés. Oubliez le chocolat, la fraise ou la banane ; aujourd’hui il vous est possible de choisir entre l’ « Orange Scream » (lait à l’orange), un tout nouveau concept du lait (ingrédients : cellulose gum, pectine, protéine de soja, sucre de maïs à haute teneur en fructose, sucre et couleur rocou), entre le lait parfumé au cappuccino, à la caféine et même le lait parfumé à la root beer (bière de racine). Et pourquoi pas aussi du lait pétillant au dioxyde de carbone, pour les amateurs ? En Grande-Bretagne, l’industrie laitière fait la promotion de l’approvisionnement laitier des écoles primaires, et installe des bars à lait dans les écoles secondaires. En moyenne, 10 000 litres par an sont distribués dans ces bars.
Mais la dimension finale, et peut-être la plus insidieuse, de la riposte laitière est sans doute la recherche de financement. Michael Zemel est le directeur du Nutrition Institute de l’Université de Tennessee ; son étude démontrant que la consommation de lait, de yaourt et de fromage écrémés peut réduire le risque d’obésité a fait le tour du monde, tout comme un article de presse enthousiaste du National Dairy Council, qui oublie toutefois de mentionner qu’il subventionne Zemel. Une récente étude de Zemel révèle que les personnes incluant trois portions de yaourt light Yoplait dans leur régime alimentaire perdaient plus de poids que les personnes du groupe témoin (General Mills, fabricant du Yoplait light, est un autre de ses donateurs). La British Nutrition Foundation, cependant, mentionne cette étude sur les yaourts comme une recherche indépendante.
Comment se fait-il qu’il ait fallu tant de temps pour se rendre compte que les propriétés du lait ne sont pas toujours bonnes pour la santé ? Cela est dû en partie à la manière dont sont menées les recherches. Jusqu’à il y a peu, personne n’avait encore effectué de recherche épidémiologique, ni d’étude de population. De plus, bien que les partisans des produits laitiers maintiennent que, depuis des milliers d’années, les êtres humains élèvent des animaux uniquement pour le lait et ses produits dérivés, l’ampleur de la consommation laitière telle que nous la connaissons aujourd’hui est un phénomène relativement nouveau. Après l’enfance, il était rare que l’on consomme du lait frais et cru, du moins jusqu’à la fin du 19ème siècle, sauf dans les pays nomades. Le lait est essentiellement un phénomène moderne et industriel : sa consommation n’a vraiment explosé qu’après la découverte de la pasteurisation en 1864.
En occident, le passage (en termes historiques), de la sous-nutrition à la sur-nutrition, de l’insuffisance à l’excès, a été très rapide. Si le lait avait un rôle important à jouer au début du siècle dernier, les besoins nutritionnels actuels sont différents. Lang explique : « Je ne dis pas que le lait est mauvais. Il est riche en nutriments et est une source énergétique importante, rapidement assimilable dans une forme facilement digestible, ce qui était très utile lorsque les enfants étaient petits et qu’il leur fallait grandir. Mais nous faut-il baser notre régime alimentaire sur le lait, comme si nous ne pouvions pas survivre sans produits laitiers ? Je répondrais ’non’. »
Parallèlement aux questions soulevées par les chercheurs concernant le lait, on assiste au déchaînement du mouvement de défense des animaux, qui s’est récemment intéressé à l’industrie laitière et plus particulièrement, selon ses déclarations, à sa cruauté inhérente. Pendant très longtemps, le lait est resté, comme par magie, à l’écart des préoccupations des défenseurs du bien-être animal. Ceux-ci souffraient, selon les dires de Richard Young de la Soil Association,de l’ « erreur végétarienne » : les végétariens qui consomment toujours du lait perpétuent le cycle qui aboutit à des veaux en cage destinés à se retrouver sur la table des européens. A présent, de nombreux végétariens commencent à soutenir le fait que, biologique ou pas, le lait n’est jamais obtenu par des moyens bénéfiques. En effet, pour pouvoir avoir du lait, les vaches, tout comme les humains, doivent d’abord être gestantes. Les veaux sont généralement le dérivé encombrant de l’industrie laitière. Que leur arrive-t-il une fois qu’ils ont accompli la tâche pour laquelle ils ont été créés, à savoir stimuler la production de lait de leur mère simplement par leur conception ?
Les mâles, n’ayant pas de pis, n’ont aucune valeur pour l’industrie laitière, c’est pourquoi, si le prix du veau mâle est bas et sa valeur non rentable, la plupart des mâles sont tués quelques semaines après leur naissance pour être transformés en aliments pour bébé ou en tourtes, pour devenir de la présure, ou sont envoyés dans une industrie de réutilisation des déchets alimentaires pour être transformés en suif ou en graisse ou, dans d’autres pays, en nourriture pour animaux. Les veaux femelles, par contre, restent dans l’élevage et serviront de bétail de remplacement pour leurs mères. L’approvisionnement en viande de bœuf a essentiellement son origine dans l’industrie laitière : sans cette consommation excessive de lait, il n’y aurait pas tout ce surplus de viande dont il faut se débarrasser.
Si la vie d’un veau mâle n’est pas enviable, celle de sa mère ne vaut guère mieux. Pour assurer une lactation permanente, il lui faut endurer des gestations annuelles. Son veau lui est enlevé 24 heures après sa naissance et boit rarement son lait.
Tout comme les autres activités agricoles, les producteurs de lait ont tenté d’augmenter le rendement, tout en diminuant les coûts. Les victimes en sont les vaches. Aujourd’hui, dès l’âge de deux ans, il leur faut produire jusqu’à 10 000 litres de lait pendant la période de lactation, qui dure 10 mois ; avant que leur lait ne se tarisse, elles sont réinséminées et le processus peut recommencer. Pendant leur lactation, on les trait une ou deux fois, parfois même trois fois par jour, et produisent ainsi environ 20 litres par jour, c’est-à-dire 10 fois plus que la quantité nécessaire à nourrir un veau. La quantité de lait que les vaches laitières doivent produire chaque jour a pratiquement doublé ces 30 dernières années. Posséder un nombre plus restreint de vaches à haut rendement réduit la consommation de l’éleveur en nourriture, en fertilisant, en équipement, en travail et en coûts de roulement. Voilà pourquoi la variété de races de bétail en Europe s’est tellement réduite : tout le monde est à la recherche de la vache blanche et noire L’Holstein frisonne à haut rendement.
Même si vous n’êtes pas du genre sentimental envers les animaux, comment ne pas vous apitoyer sur le sort de ces pauvres créatures qui traînent leurs grosses mamelles anormalement lourdes ? Chaque année, de nombreuses vaches finissent par boiter ; elles vivent rarement plus de quatre ou cinq ans, alors que leur espérance de vie naturelle est de 25 ans. Ensuite, on les abat.
Selon la version officielle, les industriels laitiers prennent soin de leurs vaches et il en va de leur propre intérêt de les maintenir en bonne santé. La réalité est toute autre : en Angleterre, la combinaison de plusieurs facteurs, à savoir la surproduction de lait, l’insalubrité et le choix de races à haut rendement sont la cause, tous les ans, de plus de 30 incidents de mastite pour 100 vaches. La mastite est une infection douloureuse du pis. La mastite de la vache a également des implications pour la santé humaine, puisque les éleveurs utilisent plus d’antibiotiques pour contrôler l’infection. Si le lait des vaches sous antibiotiques doit être jeté et ne peut être vendu, le nombre d’antibiotiques que l’on trouve dans le commerce est bien supérieur à ceux que l’on détecte.
L’ennemi le plus acharné de l’industrie laitière, Robert Cohen, un ancien chercheur scientifique et auteur de Milk : The Deadly Poison [Lait : Le Poison Mortel], a déclaré : « Nous sommes en période de guerre... Monsanto est l’ennemi. » La colère de Cohen est dirigée vers Posilac, le nom commercial donné par Monsanto à la rBST, la somatotropine bovine recombinée, injectée aux vaches pour augmenter leur production de lait. Cette hormone de croissance synthétique, approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) en 1993, accroît la production laitière d’une vache de 15%. Selon la FDA, le lait traité aux hormones n’a pas « de différence significative » avec le lait non traité. Cohen, ainsi que d’autres détracteurs, n’est pas du même avis. Il a fait une grève de la faim de 206 jours (en vain) pour que la FDA interdise le Posilac.
Cohen et ses acolytes maintiennent qu’un taux élevé de IGF-1 (Facteur de Croissance-1, semblable à l’insuline) dans le lait additionné de rBST intervient dans l’apparition du cancer du sein et du côlon, de l’hypertension et du diabète. D’autre part, des organismes sanitaires respectés, tels que la FAO des Nations Unies, l’OMS, l’American Council on Science and Health, et l’American Medical Association, ont tous confirmé que le lait additionné de rBST est sans danger.
Le fait le plus étrange de toute cette saga du lait à la rBST est l’introduction, depuis 1993 du Food Disparagement Act [Loi relative au dénigrement alimentaire] dans 13 états américains. Jusqu’ici, une diffamation ne pouvait viser qu’une seule personne ou société ; à présent, cette nouvelle loi stipule qu’elle peut porter sur des fruits, des légumes, du bétail, et même sur du poisson, et l’on peut intenter un procès pour de grosses sommes d’argent. Pour les opposants, cette loi n’est qu’une arme supplémentaire visant à intimider les critiques et entraver les progrès de l’évolution nutritionnelle. Cette loi est à l’origine des poursuites à l’encontre d’Oprah Winfrey engagées à l’époque de la crise de la vache folle au Royaume-Uni, lorsqu’un invité de son émission a critiqué la viande de bœuf.
D’une certaine manière, cela ne devrait pas nous déranger, puisque l’Union Européenne, ainsi que le Canada, le Japon et 100 autres pays, a interdit le lait additionné de rBST en raison de ses effets sur la santé et le bien-être animal (non pas humain). Pourtant, aucune restriction n’est mise en place quant à l’importation de produits laitiers contenant de la rBST, ni même une obligation de les dénoncer. Même si l’on tentait scrupuleusement d’éviter les produits de General Mills, les vaches dont on boit le lait sont, elles, incapables d’en faire autant ; en effet, en Grande-Bretagne, 6% de la nourriture destinée aux animaux contient des produits de GM (maïs, soja et blé).
Si jusqu’ici les absurdités de l’histoire du lait vous consternent, cette dernière partie vous fera l’effet de vous être réveillé en plein milieu d’un tableau de Dalí. Elle concerne la politique agricole commune (PAC), un système tellement opaque et complexe qu’il semble expressément conçu pour éluder (devrait-on dire échapper à ?) l’examen du public. Vicki Hird a révélé les délires de la PAC dans son récent exposé sur l’industrie laitière, Land Of Milk And Money ? [Un Pays de Lait et d’Argent ?], pour Sustain, une alliance de plus de 100 organisations nationales d’intérêt public et d’élevage. En voici quelques perles :
En 2001, la PAC a fourni un soutien direct et indirect de 16 milliards d’euros à l’industrie laitière ; pourtant, ces 10 dernières années, les revenus moyens de l’industrie n’ont fait que chuter. La plupart des éleveurs laitiers britanniques vendent leur lait à un prix inférieur à son prix de production ; ils reçoivent environ 18p pour un litre qui se vend 43p au supermarché. Les financements de la PAC aux commerçants permet le dumping des produits laitiers (c’est-à-dire leur exportation à un moindre coût) sur les marchés internationaux, détruisant de la sorte les moyens de subsistance de milliers d’exploitations familiales dans des pays tels que la Jamaïque et le Kenya. Ce qui est tout aussi étrange est que l’UE importe du soja brésilien pour nourrir ses vaches, et vend ensuite le surplus de lait en poudre qui en découle au Brésil.
L’OMS recommande une consommation de graisses saturées n’excédant pas 10% des calories totales que nous absorbons, mais la PAC encourage la production de matières grasses du lait et finance les écoles afin qu’elles achètent du lait entier (et non pas écrémé) et les producteurs afin qu’ils se procurent un excédent de beurre. Et au moment même où les nutritionnistes vantent les bienfaits sur la santé des fruits et du régime méditerranéen, basé sur une consommation de légumes, ces mêmes pays méditerranéens qui ont rejoint l’UE, et par là même la PAC, ont augmenté leur production et consommation de lait, tout en diminuant leur production de fruits et de légumes. Cette tendance, appelée également « transition nutritionnelle », n’est pas, selon Hird, une fatalité. Elle est modelée par la politique et la tarification alimentaire.
Et il y a pire : les quotas de lait sont mis en place par la PAC à un niveau tel que le surplus est garanti, ce qui permet des exportations bon marché ; pourtant au Royaume-Uni, le quota actuel du lait n’est pas suffisant à satisfaire les besoins nationaux. Le quota du lait (en réalité le droit de produire du lait) peut subir des échanges comme s’il s’agissait de lait. Jusqu’à la fin de l’année 2003, même les non-producteurs de lait pouvaient le louer - c’est ainsi que, par exemple, Manchester United a effectué des échanges en quotas laitiers.
Et l’insulte finale : une grande quantité de lait écrémé en poudre subventionné, un surplus par rapport aux conditions européennes, est vendu moins cher aux éleveurs de bovins, qui le donnent à boire aux veaux. En d’autres termes (et avec un soupçon de licence poétique), après avoir enlevé de force les veaux à leurs mères, le lait qu’ils auraient dû boire est transformé en poudre et leur est donné. Aux frais des contribuables.
Alors, quelle est l’alternative ? Un végétarisme obligé et la censure du lait ? L’industrie laitière est le secteur agricole le plus développé en Grande-Bretagne, qui est le troisième plus gros producteur de l’Union Européenne. Sa vente au détail s’élève à 6 milliards de livres ; on ne peut donc pas simplement la conjurer par un simple souhait. Et la plupart d’entre nous n’aiment pas trop que l’on tente d’encadrer leurs habitudes alimentaires. Pourtant, ce que nous mangeons ou buvons n’est pas simplement le résultat d’un choix individuel et d’une tradition culturelle : le contenu de nos caddies est tout aussi influencé par une politique gouvernementale que par des décisions officielles.
Le Dr Tim Lobstein, co-directeur de la Commission Alimentaire, un organisme de surveillance indépendant des questions alimentaires, critique vivement la surproduction laitière. Il préconise l’élimination de tous les financements de l’UE à la production laitière, et l’utilisation de cet argent pour soutenir des formes de production alimentaire durables, dont l’élevage laitier biologique. Que conseille-t-il aux éleveurs laitiers qui essaient de rester à flot ?
« Je ne peux aider à maintenir l’activité de producteurs de marchandises qui n’aident pas la santé humaine ; il leur faudra trouver un emploi alternatif. L’UE devrait aider les éleveurs à se diriger vers des produits qui seraient plus utiles à la santé humaine, comme l’horticulture. »
Pourquoi, demande Lobstein, nous faut-il importer des oignons de Tasmanie ou des haricots du Kenya ? La dernière folie en date est sans doute l’importation de pommes depuis la Nouvelle Zélande, alors que l’on cultive déjà beaucoup ce fruit ici. Le rapport de Hird recommande une réforme de la PAC plus radicale, la suppression du lait gratuit dans les écoles, l’adoption par l’OMS de mesures anti-dumping, ainsi que d’autres changements structurels qui permettraient de produire « moins de lait, mais de meilleure qualité, produit par des vaches plus heureuses. »
Bien entendu, le changement d’une politique alimentaire et d’habitudes alimentaires individuelles est difficile et lent. Le premier pas essentiel doit être un vrai débat national portant sur la production et la consommation laitière, pas le genre de celui mené par le gouvernement vis-à-vis des produits de GM. Une partie de ce débat devrait être une évaluation honnête portant sur l’éventuelle dangerosité du lait pour la santé. Difficile de trouver un juste milieu dans les débats sur le lait, sans tomber dans l’évangélisme ou le démonisme. Il faut également distinguer le dogme de la science, surtout depuis que la recherche est si souvent contradictoire. Il semble toutefois de plus en plus évident que les produits laitiers tels quels ne protègent pas la santé osseuse comme nous l’avons longtemps cru et que l’apport en calcium seul n’a qu’un effet modéré sur la densité osseuse.
Parallèlement (et en dépit du régime Atkins), alors que certaines graisses sont essentielles, le corps humain ne supporte pas des quantités excessives de matières grasses du lait. Pourtant, les connotations du lait sont si primordiales, ses associations si idylliques et les intérêts derrière sa promotion si énormes, que tout changement dans notre façon d’y penser et de le boire sera un processus aussi provocateur et complet que la perte d’une foi religieuse incontestable.
Entretien avec Thierry Souccar, spécialiste du lobby laitier et co-auteur de "Santé, Mensonges et Propagande"
Thierry Souccar, journaliste scientifique et co-auteur (avec Isabelle Robard) de "Santé, Mensonges et Propagande - Arrêtons d’avaler n’importe quoi !", a accepté de répondre aux questions de l’équipe du site d’information VegAnimal.
Notre entretien se concentre sur l’industrie laitière dont le sujet est traité au chapitre "Laitages et os : une hystérie collective" du livre "Santé, Mensonges et Propagande" - Éditions du Seuil (2004).
L’entretien a été réalisé en avril 2006
Entretien

- Thierry Souccar
Thierry, avez-vous reçu des pressions, des menaces pendant et après la sortie de votre livre " Santé, Mensonges et Propagande" ?
Non. Il y a eu un peu d’agitation avant la sortie parce que les Renseignements Généraux ne connaissaient que le titre du livre et pensaient qu’on y mettait en cause de hauts personnages de l’Etat, comme dans l’affaire du sang contaminé. Ils ont insisté auprès du Seuil pour avoir le manuscrit avant la sortie, mais l’éditeur n’a pas bougé. Ensuite, on a appris d’un journaliste qui se disait au Canard Enchaîné que le manuscrit était chez Danone, c’était quelques semaines avant la sortie. Mais au Canard Enchaîné, on nous a fait savoir que ce journaliste ne travaillait plus pour eux depuis longtemps, comprenne qui pourra ! Ce monsieur nous a rappelé pour nous confirmer que Danone possédait bien le manuscrit et qu’ils l’avaient eu par une journaliste du Nouvel Observateur, qui était proche du groupe. Bref il y avait de la parano un peu partout. En revanche, il y a eu des pressions des " nutritionnistes " sur Walter Willett, le patron de Harvard qui soutenait notre travail. Il est venu en France un peu avant la sortie du livre et ces nutritionnistes bien intentionnés lui ont dit, mais enfin Walter, ce n’est pas possible, vous ne pouvez pas vous associer à ce livre, Thierry Souccar n’est pas un type sérieux, il tient des propos extravagants sur le lait, les céréales, le vieillissement, d’ailleurs il est très mal considéré par beaucoup de nutritionnistes, retirez-vous de cette entreprise, etc... Au retour aux USA, il m’a envoyé un mail en me disant en substance " J’ai beaucoup entendu parler de toi, bravo pour ton travail et bonne chance avec ce livre. "
Il n’y a eu aucun procès en justice après la parution du livre parce que tout était bétonné, aussi bien scientifiquement, que sur ce qu’on avançait des rapporte entre experts et industriels...
Votre livre démontre que les organismes officiels français comme l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), sont liés à l’industrie agroalimentaire. Pourquoi cette dépendance n’est-elle jamais soulignée et dénoncée par les médias (télévision, radio et presse écrite) ?
Il y a un livre qui est sorti récemment, " N’avalons pas n’importe quoi " de Fabiola Flex, qui dénonce les pratiques marketing de l’industrie agro-alimentaire. Au passage, l’auteur et l’éditeur nous ont " emprunté " le sous-titre de notre livre " Arrêtons d’avaler n’importe quoi ", c’était ma rubrique, " Salut les piqueurs ! ". Bref ce livre a eu pas mal de presse bien-pensante, Le Monde, etc, ce que nous n’avons pas eu. Nous avons eu une bonne couverture médiatique dans la presse féminine et de santé, presque rien ailleurs. Le livre de Fabiola Flex n’est pas inintéressant (sauf que l’auteur n’a pas de culture scientifique, et du coup elle aligne quelques perles comme l’idée que les vitamines " encrassent " l’organisme), mais son livre cogne uniquement sur l’industrie sans remettre en cause les grandes recommandations officielles - du coup les médias peuvent relayer sans arrière-pensées ce message, car cela les situe dans le " bon " camp, celui du consommateur. Le problème avec notre livre, c’est qu’il dénonçait preuves à l’appui la collusion entre experts et industrie. Là c’est plus compliqué, car ce qu’on disait à la presse en substance, c’est " vous avez été roulé dans la farine pendant des années en rapportant cette information officielle, cet avis, ce communiqué, cette recommandation. Et voici les preuves. " Là, ils n’ont pas aimé, ce qui est compréhensible : ce n’est pas agréable de découvrir que vous avez écrit des bêtises parce que vous avez pris pour argent comptant ce qui venait de l’Afssa ou du ministère de la santé ou de l’AFP, comme dans le cas de la créatine. Ensuite, l’accès aux radios et télés a été verrouillé par les annonceurs. Isabelle est passée sur FR3, chez Giesbert, mais au montage, ils ont coupé les passages les plus dérangeants. On a été invités sur Canal Plus chez Emmanuel Chain, mais ils ont annulé la veille ; j’ai été invité chez Ruquier, ils ont annulé quelques heures avant l’enregistrement, etc, etc, c’en était presque cocasse... Mais nous sommes passés sur Télé Matin, et Le journal de la santé sur la 5.
Pendant les 2 semaines qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, tous les médias français se sont bornés à rapporter la "source officielle". N’y a t-il pas une similitude avec les produits laitiers, la majorité des médias glorifiant les laitages car l’info vient de "sources officielles" ?
Oui, hormis bizarrement dans la presse féminine et un peu la presse santé, il y a très peu d’esprit critique face à la science " officielle ". Les journalistes de la presse féminine sont plutôt frondeuses, il y a quelques " pétroleuses " sympathiques qui heureusement remettent en cause ce qu’elles entendent. Je pense sincèrement qu’on trouve dans cette presse plus d’informations objectives qu’ailleurs. Des journaux comme Le Monde ou Le Figaro dénoncent volontiers tel ou tel trait de la société, mais quand on en vient au domaine de la santé, il n’y a plus guère d’esprit critique, c’est très étrange.
Si vous n’aviez pas vécu aux Etats-Unis, auriez-vous eu le recul nécessaire pour critiquer l’industrie laitière française ?
Comment expliquez-vous le fait que la majorité des articles qui remettent en question les produits laitiers soient d’origines anglo-saxonnes ?
Avez-vous le sentiment d’être ostracisé par vos confrères scientifiques français ?
Je pense que mon passage aux USA m’a fait comprendre combien ce pays - La France - manque de pratique démocratique. D’ailleurs les hommes politiques ne parlent pas de " démocratie ", ils parlent de " la république. " Donc je suis revenu avec cette volonté de m’exprimer librement, fut-ce à contre-courant. Il y autre chose que les USA ont renforcé chez moi, c’est le rejet du cartésianisme. Pour beaucoup de Français, être cartésien, c’est avoir l’esprit pratique. Mais en réalité, ce n’est pas ça. Etre cartésien, c’est pour schématiser, mettre l’idée au service de l’action, c’est la primauté de l’idéologie. Les Français sont clairement cartésiens, c’est un peuple qui croule sous l’idéologie, on le voit en politique, on le voit en sciences. Les Américains sont très pragmatiques. Par exemple pour les vitamines : ils constatent que la population en manque, hop ils les rajoutent aux aliments ou favorisent les compléments alimentaires. En France, on fait la même constatation mais comme on est cartésien, on considère que l’alimentation est par définition parfaite, donc on s’oppose, en tant que scientifique à l’enrichissement des aliments ou la prise de compléments sous prétexte que ça détournerait peut-être de l’alimentation. C’est stupéfiant !
J’ai le sentiment de déranger certains nutritionnistes parce que je ne suis pas de leur sérail, je n’ai pas été sur les mêmes bancs d’université, je ne fréquente pas leurs sociétés savantes (je suis membre de l’American College of Nutrition). Certains m’ont détesté d’entrée parce que je suis rentré dans le chou de pas mal d’idées reçues sur lesquelles ils s’étaient assoupis depuis des lustres, puis ils ont changé d’avis, ils m’encouragent. D’autres me considèrent comme un " ennemi de la santé publique. "
La plupart des articles de nutrition viennent des Etats-Unis parce que pendant la guerre ils se sont préoccupés de l’Etat sanitaire de la population. Après la guerre, il y a eu la prise de conscience que l’alimentation jouait un rôle sur le risque de maladie (notamment cardiovasculaire) et ensuite l’épidémie d’obésité les a forcés à aller encore plus loin dans cette exploration. Au passage, ils sont tombés sur les laitages...
Que pensez-vous de la déclaration faite par Claes Nermark de l’entreprise Tetra Pak : "Le but est du lait dans les écoles pour tous les enfants" (The goal is school milk for all children) [1] ?
Plus généralement, que pensez-vous des projets " lait dans les écoles " (school milk projects) [2] à travers le monde comme en Inde, en Thaïlande [3]
ou en France ?
Le lait dans les écoles, ça sert deux intérêts à l’origine : écouler les surplus, et donner une sorte de complément nutritionnel aux enfants. Ca c’était à l’époque dans les années 1950 où l’on pensait que le lait était une sorte de concentré d’aliment idéal. Aujourd’hui qu’on sait que ça n’est pas le cas, il faut se battre contre cette propagande et contre le verre de lait à l’école. Les Asiatiques ne digèrent pas le lait, il y a maintenant des projets " lait " en Afrique, c’est atterrant. Colin Campbell, un chercheur américain, a mené de très longs travaux expérimentaux qui ont montré que des toxines comme l’aflatoxine (très présente en Inde et en Afrique) ne deviennent cancérogènes pour le foie que lorsqu’on consomme de grandes quantités de caséine...
Les altermondialistes utilisent systématiquement le logo McDonald’s pour symboliser la mondialisation, mais les vaches laitières - telle que la Holstein [4] - ne symbolisent-elles pas également cette mondialisation ? [5]
N’est-il pas plus politiquement correct de critiquer la malbouffe et les fast-foods plutôt que le lait de vache et l’industrie laitière ?
Tout à fait d’accord. Il y a beaucoup de travail à faire pour expliquer aux altermondialistes et aux autres que l’obésité actuelle doit plus aux céréales raffinées qu’aux graisses, et que nous pouvons nous passer de lait.
Une fondation britannique contre le cancer (Breakthrough Breast Cancer) a rejeté le don d’un million de livres sterling de Nestlé en raison du fait que cette compagnie suisse a une politique de commercialisation agressive de son lait en poudre pour bébés dans les pays pauvres auprès de famille miséreuses ne disposant pas d’eau potable pour préparer les biberons [6]. Pensez-vous qu’une fondation française aurait eu la même intégrité ?
Je ne sais pas...
Vous intervenez souvent dans les médias en tant qu’expert anti-lobby de l’industrie laitière [7]. Ce combat semble vous tenir à cœur, pourquoi ?
Parce que je crois que c’est dans ce domaine que j’entends depuis des années le plus de mensonges. Il y a eu à un moment en moi comme une sorte de ras-le-bol de toutes ces campagnes publicitaires, ces messages gouvernementaux, ces experts aveugles et sourds. Donc, je me suis dit, avec Isabelle Robard, on va dire ce que l’on sait, on va mettre les pieds dans le plat. Pas avec des arguments mous, comme ceux des naturopathes, ni de l’idéologie, mais sur leur propre terrain, celui de la science, avec des études, des faits, des chiffres et au passage on va expliquer comment le lobby laitier a pénétré partout. Et on n’a pas fini. Je finis d’écrire un livre sur le sujet qui paraîtra à la fin de l’année, un état des connaissances avec des révélations importantes à partir de toutes nouvelles études et données inédites.
Que dire aux femmes qui consomment des laitages parce que des "sources officielles " (publicités, organismes gouvernementaux, médecins) leur disent que c’est indispensable à la prévention de l’ostéoporose ?
Il n’y a aujourd’hui aucune preuve que les laitages rendent les os plus solides. C’est ce que nous avons démontré, décortiqué, dans "Santé, mensonges et propagande." Je pense qu’on peut consommer sans problème un laitage par jour si on aime ça (un fromage par exemple), mais il ne faut pas en faire une obligation.
Que dire aux personnes qui consomment des laitages parce que ces mêmes "sources officielles" leur disent que c’est indispensable à la nutrition et santé humaines.
Leur demander comment l’espèce humaine, qui a 7 millions d’années a réussi à vivre et bien vivre sans aucun laitage, puisqu’ils ont été introduits il y a moins de dix mille ans. Sur une échelle qui irait du 1er janvier au 31 décembre minuit, c’est un peu comme si on introduisait les laitages dans l’après midi du 31 décembre.
Comment prévoyez-vous l’évolution des médias français et du grand public sur la question de la consommation des produits laitiers ?
Les journalistes deviendront-ils plus objectifs et les consommateurs "arrêteront-ils d’avaler n’importe quoi" ?
Je le pense. Déjà, aux USA et en Grande-Bretagne, la consommation de laitages est en baisse, grâce au travail d’information de mes confrères et aussi grâce à des chercheurs comme Walter Willett de harvard qui considère qu’encourager la consommation de laitages est "irresponsable." La France va suivre inéluctablement. Il faudrait déjà se poser la question de la reconversion des producteurs vers des activités plus éthiques et qui servent mieux la santé humaine.
Merci, Thierry Souccar.

Pour aller plus loin
Le site du journaliste, écrivain, Thierry Souccar : http://www.thierrysouccar.com/
Le premier site indépendant d’information et de conseils sur la nutrition : http://www.lanutrition.fr/
Pour acquérir le livre " Santé, mensonges et propagande " : http://www.amazon.fr/exec/obidos/AS...
Notes :
[1] Source de la citation : http://www.tetrapak.com/index.asp?n....
[2] "School Milk Project" : Programme qui consiste à proposer gratuitement du lait aux écoliers.
[3] Chiffres du " School Milk Project " pour la Thaïlande, cliquez ICI.
[4] La race de vache qui produit le plus de lait est la Holstein (Prim’Holstein en France). C’est une race d’origine néerlandaise, la " Frisonne ", les éleveurs d’Amérique du Nord (Canada et USA) en ont fait par la sélection un animal de plus grand gabarit, capable de supporter des productions laitières élevées. Elle est décrite comme une "véritable usine à lait adaptée aux conditions d’élevage industriel".
[5] Comment l’industrie se développe dans les pays en voie de développement : "Feeding dairy cows in the tropics".
[6] "Cancer charity turns down £1m Nestlé donation"- The Guardian, 06 mai 2004.
[7] Par exemple, Thierry Souccar est intervenu, lors d’une émission du Journal de la santé sur France 5 (début avril 2006) pour dénoncer le lobby laitier.
VegAnimal.info - Lait et Produits Laitiers : mythes et réalités
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